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Francophonie / Théâtre / Martinique

Ouverture des Francophonies: un spectacle «particip-actif» pour une nouvelle ère

«Rituels vagabonds», création de la chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel au festival des Francophonies à Limoges, «Les Zébrures d’automne».
«Rituels vagabonds», création de la chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel au festival des Francophonies à Limoges, «Les Zébrures d’automne». © Siegfried Forster / RFI

« Zébrures d’automne ». Le nouveau nom illustre les nouvelles ambitions. Lors de la soirée d’ouverture, tous les responsables des Francophonies étaient d'accord pour parler d’une « nouvelle époque », d’une « mutation », mais aussi de « cultiver l’audace » pour que « Limoges soit la place de la francophonie dans le monde ». Mercredi 25 septembre, le festival a démarré avec un spectacle participatif, Rituels vagabonds, une « utopie réalisable » concoctée par la chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel. Entretien.

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RFI : Votre pièce Rituels vagabonds, s’est affichée comme un spectacle « participatif ». Êtes-vous contente du résultat ?

Josiane Antourel : C’est vraiment ce qu'il s’est passé. On comptait sur la participation tacite du public. On leur fait des signes, ont leur dit des choses… après, les spectateurs embarquent – ou n’embarquent pas. Là, ils ont embarqué. La pluie nous a aidés, finalement. On n’a pas pu faire ce qu’on avait préparé pour la déambulation prévue dehors, mais la nouvelle configuration, la contrainte de la salle, a condensé l’énergie. Il y avait du monde partout. On ne savait plus qui était danseur, qui était comédien, ou spectateur. On était obligé de communiquer directement avec eux. On ne se connait pas, mais on se touche, on dit bonsoir, merci, etc. Cela demande une souplesse dans l’état d’esprit. Pour cela, j’ai dit : on fait un projet « particip-actif ».

Il y a de plus en plus de spectacles où la place traditionnelle des comédiens et du public est remise en question. Le monde du théâtre est-il en train de chercher une nouvelle place pour les spectateurs ?

J’espère. Cela fait très longtemps qu’il y a des équipes qui travaillent dans ce sens. Il suffit de penser à Peter Brook. Nous sortons le théâtre de sa boîte noire et la présentation frontale. La diversité de la francophonie fait qu’on a des gens qui viennent de pays où les choses se passent en cercle, en Guinée, en Martinique et ailleurs. Il y a des cultures où cela se passe comme on épluche une peau d’orange. Là, c’était l’occasion de faire changer chez les gens leur vision du théâtre, où l’on s’assoit et on regarde en face ce qu'il se passe, et on aime ou l’on n’aime pas. En revanche, là, on est pris dedans. On n’est plus en situation de juger, parce qu’on réagit, on est bousculé…

La chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel après son spectacle participatif « Rituels vagabonds » au festival des Francophonies à Limoges, « Les Zébrures d’automne ».
La chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel après son spectacle participatif « Rituels vagabonds » au festival des Francophonies à Limoges, « Les Zébrures d’automne ». © Siegfried Forster / RFI

Rituels vagabonds, sur quels rituels repose la pièce  ?

On est 27 [des amateurs de la région Limousin et des artistes professionnels, NDLR] pour faire la pièce. On a choisi de travailler autour du thème de l’état de la planète, et l’idée qu’en ouvrant la bouche, on pouvait inventer un monde « autre ». Le premier cortège s’appelle « Utopie réalisable ». Cette utopie peut se réaliser, envers et contre tout. Pour la protéger, on a mis de jeunes femmes avec des bouquets de feuilles, en rendant à la nature son pouvoir de guérison. Toutes ces feuilles sont magiques, alors on fait une danse avec les feuilles autour du cortège pour purifier le chemin, pour que ce cortège utopique puisse aller jusqu’à la réalisation de son utopie. Pour cela, c’est un rituel.

Vous êtes née à Saint-Raphaël, vous avez grandi en Martinique, avez vécu au Tchad, au Madagascar, au Canada. Que représente pour vous la francophonie ?

Partout où je suis allée, il y avait ça en commun, la langue française. C’est important. Au lieu de se dire, « tu es différent, je te déteste, donc, entretuons-nous », on peut parler paisiblement des choses qui peuvent embellir le monde. De l’art de vivre. On a le français en commun pour échanger. Je trouve cela fabuleux. Une langue commune, c’est comme des aiguilles à tricoter. Après, on met des fils qui nous composent et on tricote quelque chose.

« Rituels vagabonds », création de la chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel au festival des Francophonies à Limoges, « Les Zébrures d’automne ».
« Rituels vagabonds », création de la chorégraphe martiniquaise Josiane Antourel au festival des Francophonies à Limoges, « Les Zébrures d’automne ». © Siegfried Forster / RFI

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Les Francophonies – Des écritures à la scène, Les Zébrures d’automne, du 25 septembre au 6 octobre 2019, à Limoges, France

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