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César 2020: «J’accuse» de Roman Polanski est le grand favori

Louis Garrel incarne dans «J'accuse», de Roman Polanski, le capitaine Alfred Dreyfus. Film nominé dans douze catégories pour les César 2020.
Louis Garrel incarne dans «J'accuse», de Roman Polanski, le capitaine Alfred Dreyfus. Film nominé dans douze catégories pour les César 2020. © Guy Ferrandis
5 mn

Les 4 700 professionnels du cinéma ont voté. La liste des films et les artistes nommés dans les principales catégories pour la 45e cérémonie des Césars ont été rendus public ce mercredi 29 janvier par la maîtresse de cérémonie, Florence Foresti, et le président de l’Académie des César, Alain Terzian.

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Il est en lice pour douze prix. Le film J'accuse, de Roman Polanski, thriller historique sur l'affaire Dreyfus, mène les nominations. Suivent Les Misérables, de Ladj Ly, film coup de poing sur les banlieues et La Belle époque, de Nicolas Bedos, avec onze nominations chacun.

La sortie du film J'accuse, il y a quelques mois, avait été perturbée par une nouvelle accusation de viol contre le réalisateur. Les 4 700 professionnels du cinéma ont quant à eux tenu à distinguer une brillante reconstitution historique du complot ourdi contre le capitaine Dreyfus, accusé à tort en 1894 de trahison et d'espionnage pour le compte de l'empire allemand sur fond d'antisémitisme.

Polanski, le viol et la France

Le film avait déjà reçu le Grand prix du jury à la Mostra de Venise en septembre. Deux mois plus tard, lors de sa sortie en salle, des associations avaient appelé au boycott du film. Le réalisateur Roman Polanski, âgé de 86 ans, était en effet sous le coup d'une nouvelle accusation de viol. Les faits se seraient déroulés, il y a 44 ans, et sont donc prescrits. Roman Polanski a nié. Mais ce n'était pas la première fois que des femmes l'accusent de viol.

Les affaires trop anciennes n'ont jamais pu être jugées sauf une, en 1977 : viol sur mineure aux États-Unis. À l'époque, pour échapper à une lourde peine, Polanski s'était réfugié en France, son pays de naissance. Il est toujours considéré par Interpol comme un fugitif et ne peut se déplacer que dans trois pays: la Pologne, la France et la Suisse qui refusent l'extradition de leurs ressortissants.

Alain Terzian, le président de l'Académie des César, a rappelé que l'Académie n'avait pas à avoir de positions morales et souligne qu'un million et demi de spectateurs sont allés voir le film en salle. Si Alain Terzian n'a pas son mot à dire sur ce vote des 4 700 professionnels, il se trouve au cœur d'une polémique sur sa gestion que ses détracteurs jugent opaque.

« Abus de pouvoir » ?

À un mois de la cérémonie de remise des trophées, l'ambiance est pour le moins tendue dans la grande famille du cinéma. Il y a deux semaines, deux femmes réalisatrices, Claire Denis et Virginie Despentes, n'avaient pas pu être choisies comme marraines par de jeunes espoirs du cinéma français comme c'est la tradition. Écartées sans motif.

Auraient-elles été jugées pas assez glamour pour figurer sur les photos ? C'est ce qui se murmure... Le producteur Alain Terzian, qui dirige l'Académie des César depuis 17 ans, s'est excusé prétextant un cafouillage, mais le milieu s'est enflammé : « abus de pouvoir », « agissements discriminatoires », « méthode d’un ancien monde », a-t-on pu lire sur les réseaux sociaux. Force est de constater que les administrateurs de l’Académie sont majoritairement des hommes, certains très âgés et inamovibles. Il n'y a aucune femme au conseil d'administration restreint et les acteurs ou réalisateurs quadragénaires ne peuvent se faire une place dans l'instance élargie que s'ils ont reçu un Oscar.

Alain Terzian, lui, défend son bilan, et promet la parité. En tout cas, la cérémonie de remise des trophées prévue le 28 février devrait être animée. Ce qui fera peut-être remonter les audiences télévisées de ce rendez-vous diffusé en clair par Canal + depuis 26 ans et qui séduisait moins ces dernières années.


Les nominations aux César 2020 :

Meilleur film

- Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

- Grâce à Dieu de François Ozon

- Hors Normes d'Olivier Nakache et Eric Toledano

- J'accuse de Roman Polanski

- Les Misérables de Ladj Ly

- La Belle Époque de Nicolas Bedos

- Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin

Meilleur réalisateur

- Roman Polanski pour J'accuse

- François Ozon pour Grâce à Dieu

- Olivier Nakache et Éric Toledano pour Hors Normes

- Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu

- Ladj Ly pour Les Misérables

- Nicolas Bedos pour La Belle Epoque

- Arnaud Desplechin pour Roubaix, une lumière

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