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Les 56 films de la sélection officielle du Festival de Cannes qui n’a pas eu lieu

Thierry Frémaux, le délégué général, et Pierre Lescure, le président du Festival de Cannes, lors de la présentation de la Sélection officielle 2020, le 3 juin 2020.
Thierry Frémaux, le délégué général, et Pierre Lescure, le président du Festival de Cannes, lors de la présentation de la Sélection officielle 2020, le 3 juin 2020. © Serge ARNAL / STARFACE / AFP

Finalement, il y a des films, un label, mais pas de festival... Dommage pour les trois films sélectionnés du continent africain. Mercredi 3 juin, le président et le délégué général du Festival de Cannes ont annoncé une sélection officielle 2020 avec 56 de films dotés d’un label « 73e Festival de Cannes », même si ce dernier n’a pas eu lieu.

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Parmi les films qui ont raté leur montée des marches sur la Croisette, il y a des cinéastes issus de pays très rarement représentés au Festival de Cannes. Par exemple un film bulgare, Février, de Kamen Kalev. Ou Beginning, de Déa Kulumbegashvili, un long métrage géorgien, et puis le documentaire En route pour le milliard, la nouvelle œuvre très attendue du Congolais Dieudo Hamadi.

► À lire aussi : Cannes 2020: «En route pour le milliard» du Congolais Dieudo Hamadi en sélection officielle

Deux autres cinéastes du continent africain ont été retenus pour la Sélection, dont Souad, « un film sur la jeunesse égyptienne... un film tout à fait réussi », a commenté Thierry Frémaux. Et puis, il y a Rouge, de Farid Bentoumi. Ce cinéaste franco-algérien de 44 ans est connu par les cinéphiles pour son film Good Luck Algeria où il raconte l'histoire de sa famille face aux questions de l'immigration et de l'identité.

Égal à égal ou sans hiérarchie ? 

Ayant refusé une édition en ligne, cette année, il n’y aura ni de compétition, ni de prix. Néanmoins, pour faire exister les films jugés digne de cette 73e édition qui n’a pas eu lieu, le président Pierre Lescure et le délégué général Thierry Frémaux ont décidé d’établir quand même une sélection officielle. Les 56 films élus seront dotés d’un label de qualité « Festival de Cannes » pour les soutenir ainsi lors de leur présentation dans d’autres festivals ou à l’occasion de leur sortie en salles.

Le plus grand festival de cinéma au monde a donc dû improviser face à la crise sanitaire mondiale. Résultat : au lieu d’une vingtaine de films en lice pour la Palme d’or et autant de longs métrages dans Un certain regard, la traditionnelle section des surprises et jeunes talents, la cinquantaine de films se trouvent tous au même niveau (d’autres diront sans aucune hiérarchie) dans cette sélection exceptionnelle.

Cette démarche égalitaire permet en même temps d’annoncer une édition record : 2067 longs métrages ont été envoyés au Festival. Le nombre de pays représentés a également grimpé, à 147, contre 138 pays en 2019. Et même si le nombre de réalisatrices ayant candidatées est en légère baisse par rapport à 2019 (532 contre 575), dans la sélection officielle, la part des cinéastes femmes a encore augmenté, 16 contre 14 en 2019.

La montée en puissance des comédies

15 premiers longs métrages font partie de la Sélection officielle, contre 10 en 2019. Est-ce l’expérience du confinement qui a provoqué cette envie de sélectionner aussi cinq comédies et quatre dessins animés dont le dernier-né des studios Pixar, Soul, de Pete Docter ?

Thierry Frémaux explique son choix par une volonté de « prendre des risques ou tenter des choses ». Nous voilà avec Les Deux Alfred de Bruno Podalydès et avec Un Triomphe d'Emmanuel Courcol, « un feel good movie avec Kad Merad ».

Spike Lee et Steve McQueen

Parmi les grands regrets de cette annulation du festival sur la Croisette, il y a la rencontre manquée entre deux stars aux idées explosives : l’un côté l’Américain Spike Lee, le président du jury de cette édition avortée, de l’autre côté Steve McQueen, figure des arts plastiques devenue une icône du septième art avec Twelve Years A Slave. L’artiste britannique présentera dans la sélection officielle deux films, Lovers Rock et Mangrove, « un film de procès de policiers qui harcèlent la communauté black. » Selon Frémaux, un sujet qui « résonne très dramatiquement avec ce qui est arrivé à George Floyd et Adama Traoré ».

Plus traditionnel, on retrouve sur la liste de Thierry Frémaux « les fidèles de Cannes, les ténors ». Le cinéaste américain Wes Anderson portera le label avec The French Dispatch, aidé par un casting de rêve : Bill Murray, Tilda Swinton et Timothée Chalamet.

Parmi les habitués de Cannes, on retrouve avec un grand plaisir la cinéaste japonaise Naomi Kawase qui racontera une histoire émouvante sur l’adoption, True Mothers. Quant au Danois Thomas Vinterberg, il traitera la crise de la cinquantaine avec Druk.

21 films français

Avec 21 longs métrages, le cinéma français est extrêmement bien loti dans cette sélection officielle un peu particulier. Parmi les films les plus attendus, ADN, où Maiwenn abordera ses racines franco-algériennes. François Ozon s’affiche avec Été 85.

Selon Thierry Frémaux, grâce à l’annoncé de cette sélection officielle exceptionnelle, l’ambition du Festival de Cannes est restée intacte : « placer sur la carte du monde les talents émergents (…) La Sélection officielle conservera donc son rôle. Différemment, mais avec les mêmes convictions et, grâce à tous, avec la même efficacité. »

Garder « la même efficacité »

Des vœux certes compréhensibles, toutefois peu réalistes. Car pour réussir à garder « la même efficacité », il manquera les éblouissements, les surprises et les déceptions dans les salles cannoises, les débats et les scandales suscitant l’intérêt du public, les bons mots et les gestes engagés des stars sur le tapis rouge et les déclarations des cinéastes sur leur vision du monde.

Le choix de faire l’impasse sur une Palme d’or même virtuelle risque de susciter chez les spectateurs l’impression que chaque film labellisé se retrouve noyé dans cette liste virtuelle de 56 films sortant dans plein de lieux différents. Qui saura capter l’esprit cannois à la fois à Locarno, à Telluride, à Toronto, à San Sebastian, à Busan,à Lyon et à Angoulême ? Lors de l’annonce de la sélection officielle, la Mostra n’a pas été mentionnée, donc Venise n’a probablement pas envie de jouer le jeu de Cannes. En attendant, Thierry Frémaux a promis d’expliquer bientôt « la façon dont le Festival de Cannes déploiera son activité à l'automne prochain. »

À lire aussi : Les nouvelles frontières numériques du Festival de Cannes 2020


Les 56 films du Festival de Cannes 2020 labellisés « Sélection officielle » 

The French Dispatch de Wes Anderson 

Été 85 de François Ozon

Un Triomphe d’Emmanuel Courcol 

Here We Are de Nir Bergman 

Lovers Rock de Steve McQueen 

Mangrove de Steve McQueen 

Druk (Another Round) de Thomas Vinterberg 

Souad d’Ayten Amin 

Au crépuscule de Sharunas Bartas 

True Mothers de Naomi Kawase 

ADN de Maïwenn 

Heaven. To the Land of Happiness d’Im Sang soo 

Des Hommes de Lucas Belvaux 

El Olvido que Seremos de Fernando Trueba 

Peninsula de Sang-Ho Yeon 

The Real Thing de Koji Fukada 

Passion simple de Danielle Arbid 

The Good Man de Marie-Castille Mention-Schaar 

Les Choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret 

Last Words de Jonathan Nossiter 

John and the Hole Pascual Sisto 

Limbo de Ben Sharrock 

Un médecin de nuit d’Elie Wajeman 

Enfant Terrible d’Oskar Roehler 

Falling de Viggo Mortensen 

Slalom de Charlène Favier 

Ibrahim de Samir Guesmi 

La Mort du cinéma et de mon père aussi de Daniel Rosenberg 

Seize printemps de Suzanne Lindon 

Garçon Chiffon de Nicolas Maury 

Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal 

Le Discours de Laurent Tirard 

L’Origine du monde de Laurent Lafitte 

Les Deux Alfred de Bruno Podalydès 

9 jours à Raqqa de Xavier de Lauzanne 

Les Chasseurs de truffe de Michael Dweck et Gregory Kershaw 

En route pour le milliard de Dieudo Hamadi 

Gagarine de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh 

Broken Keys de Jimmy Keyrouz 

Casa de Antiguidades de João Paulo Miranda Maria 

Pleasure de Ninja Thyberg 

Si le vent tombe de Nora Martirosyan 

Nadia, Butterfly de Pascal Plante 

Septet : The Sotry of Hong Kong d’Ann Hui, Johnnie TO, Tsui Hark, Sammo Hung, Yuen Woo-Ping et Patrick Tam 

Ammonite de Francis Lee 

February de Kamen Kalev 

Teddy de Ludovic et Zoran Boukherma 

Au commencement de Déa Kulumbegashvili 

Courir au gré du vent de Wei Shujun 

Vaurien de Peter Dourountzis 

Sweat de Magnus von Horn 

Rouge de Farid Bentoumi 

Aya et la sorcière de Goro Miyazaki 

Flee de Jonas Poher Rasmussen 

Josep d’Aurel 

Soul de Pete Docter et Kemp Powers

 

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