Accéder au contenu principal

France: restitution d’un Pissarro spolié sous l’Occupation

«La cueillette des pois», Camille Pissarro, 1887.
«La cueillette des pois», Camille Pissarro, 1887. wikipedia
Texte par : RFI Suivre
2 mn

La Cour de cassation en France a mis un point final à trois ans de procédure autour de « La Cueillette des pois », un tableau du peintre impressionniste Camille Pissarro. Le tribunal a validé ce mercredi 1er juillet définitivement la restitution de l’œuvre aux descendants d'un collectionneur juif spolié sous l’Occupation.

Publicité

C’est la fin de trois ans de bataille juridique. D'un côté : les descendants de Simon Bauer, un industriel amateur d'art d'origine juive spolié sous l’Occupation allemande. De l'autre : les époux Toll, un couple de collectionneurs américains qui avait acquis le tableau de Camille Pissarro (1830-1903) pour 800 000 dollars chez Christie’s à New York en 1995. La Cueillette des pois est une gouache au parcours semé de zones d'ombre, peinte en 1887 par l'artiste impressionniste. 

Plus de 20 ans plus tard, le tableau refait son apparition publique, lorsque les Américains le prêtent à l'occasion d'une grande rétrospective consacrée à Pissarro au Musée Marmottan Monet, en 2017, à Paris. Depuis, les deux parties s'affrontent devant la justice.

« Même de bonne foi »

Les hauts magistrats ont rappelé qu'en vertu de l'ordonnance de 1945, « les acquéreurs ultérieurs » d'un bien reconnu comme confisqué, « même de bonne foi, ne peuvent prétendre en être devenus légalement propriétaires ». 

La Cueillette était l'un des 93 tableaux de maître de la collection de Simon Bauer, qui fit fortune dans la chaussure. En 1943, cette collection lui avait été confisquée et avait été vendue par un marchand de tableaux désigné par le Commissariat aux questions juives du régime de Vichy, qui collaborait avec l'Allemagne nazie. Interné en juillet 1944 à Drancy, près de Paris, Simon Bauer réussit à échapper à la déportation. À sa mort, en 1947, il n'était parvenu à récupérer qu'une petite partie de ses œuvres. 

« On ne répare pas une injustice en créant une autre »

Les héritiers de Simon Bauer, une vingtaine de personnes, vont désormais récupérer le tableau, qu'ils avaient laissé sous séquestre au musée d'Orsay, à Paris, dans l'attente d'une décision définitive. 

L'argument des acquéreurs américains « qu'on ne répare pas une injustice en créant une autre » n'a donc finalement pas abouti. La Cour de cassation, le juge judiciaire suprême, a donné raison aux descendants du collectionneur juif, même si le couple américain a toujours affirmé tout ignorer de la provenance de la toile. 

 

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.