Accéder au contenu principal

Mostra de Venise: «I am Greta» Thunberg, un portrait très intime

Le réalisateur suédois Nathan Grossman a présenté à la Mostra de Venise 2020 «I am Greta», en première mondiale.
Le réalisateur suédois Nathan Grossman a présenté à la Mostra de Venise 2020 «I am Greta», en première mondiale. © Siegfried Forster / RFI

Il a passé 34 heures en train de la Suède à la Mostra de Venise pour y présenter « I am Greta », un portrait très intime de la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. Entretien avec le réalisateur suédois Nathan Grossman, 29 ans, après la première mondiale au festival.

Publicité

Lors de la conférence de presse du film, la jeune activiste suédoise a accepté de faire une brève apparition, par Zoom, pour réagir au film. Selon elle, I am Greta reflète bel et bien sa personnalité comme elle est (« a shy nerdy person », « une intello timide »). Ce compliment souligne les atouts du film de Nathan Grossman et ses limites. I am Greta permet un regard très riche et original sur elle. En même temps, il se contente de donner des réponses aux questions déjà très souvent évoquées.  

RFI : Votre film démarre avec Greta Thunberg disant : « J’ai l’impression que ces derniers mois étaient comme un rêve ou un film de cinéma. » De votre côté, en tant que réalisateur, avez-vous eu l’impression que le tournage était comme une action écologique pour vous ?   

Nathan Grossman : Non, j’ai toujours été intéressé de faire de mon mieux dans ce domaine. Faire un portrait de Greta pouvait aider à avoir une vue plus globale et plus humaine sur son personnage. Elle a donné tellement d’interviews de 5 à 10 minutes, tous ses discours... Mais cela restait toujours un peu poussif. Avec ce film, je voulais donner plus de nuances et le plus grand nombre d’aspects possibles de sa vie.  

Vous suivez Greta partout : comment elle prépare ses discours, comment elle vit. Il y a des scènes où elle éclate de rire avec son père et sa mère, s’amuse avec son chien et son cheval ou danse de façon totalement improvisée pour évacuer son stress. D’autres moments sont plus graves, quand elle parle de son syndrome d'Asperger ou du temps où elle était dépressive ou se sentait mal-aimée à l’école. Comment avez-vous réussi à la suivre si longtemps et de si près ?   

Je l’ai suivie pendant un an, pas tout le temps, mais souvent, selon certaines priorités. Au début, la grève scolaire a commencé très modestement, devant le parlement suédois. Je l’ai filmée dès les premiers jours. Un ami à moi m’avait donné l’information qu’elle allait faire cette action, parce qu’il connaissait la famille de Greta. Plus j’ai filmé, plus je suis devenu proche de Greta.   

Greta est-elle intervenue pour éviter la diffusion de certaines scènes tournées ?   

Non, elle n’a pas vu les enregistrements. On a conclu le plus simple accord possible pour un documentaire. On s’est dit que quand le film est pratiquement terminé, elle peut le visionner pour éviter qu’il y ait des choses erronées. Quand elle a regardé le film, sa réaction était positive. Elle s’est reconnue dans les images. La seule chose était qu’elle avait l’impression que le film était très compressé, qu’on avait trop coupé. Il y avait une scène en particulier où elle avait le sentiment qu’on ne pouvait pas comprendre le conflit montré à l’écran. Donc, on a rajouté des images.   

« Greta », le documentaire du réalisateur Nathan Grossman sur la jeune activiste suédoise Greta Thunberg a été sélectionné à la Mostra de Venise 2020.
« Greta », le documentaire du réalisateur Nathan Grossman sur la jeune activiste suédoise Greta Thunberg a été sélectionné à la Mostra de Venise 2020. © La Biennale di Venizia

Les premières images du documentaire montrent Greta sur le bateau en direction de New York, pour le sommet mondial consacré au climat. Faisiez-vous partie de cette traversée risquée de l’Atlantique ?   

Oui, j’étais aussi sur le bateau. Je ne sais pas si c’était risqué. En tout cas, il était très étrange de s’y retrouver, parce que je ne suis pas marin. J’avais pratiqué un peu de voilier en Suède. Mais, c’était une expérience complètement nouvelle pour moi d’être sur ce voilier zéro carbone. C’était spécial de tourner pendant deux semaines dans ces conditions.   

Greta figure parmi les personnalités les plus médiatisées au monde. De quelle façon votre documentaire apporte-t-il quelque chose de nouveau 

Ce que je trouve intéressant, c’est d’avoir passé beaucoup de temps avec elle. La différence entre un film et des reportages pour les chaînes d’info est là. On peut approfondir les choses : on ne mentionne pas les choses, on les montre, par exemple quand elle rencontre le président français Macron au palais de l'Élysée. On comprend mieux quelle année folle Greta Thunberg a vécue.   

Quelle était la plus grande surprise pour vous ?   

Au début, Greta était un peu stoïque, c’était sa façon de tenir tous ces discours. Elle n’a pas beaucoup rigolé. Après, assister à des scènes où elle éclate de rire ou se montre plus rigolote, parce qu’elle peut être vraiment amusante et charmante, c’était une surprise pour moi.   

L’incroyable pouvoir d’influence de Greta est aussi l’expression d’une génération. Avez-vous le sentiment de faire partie de cette génération, de cette lutte ?   

J’ai 29 ans, donc, je ne me sens pas vraiment de cette génération. Après, c’est une question de définition. Mais je comprends très bien ces jeunes et la frustration qu’ils portent en eux. Ils seront les plus affectés par le changement climatique.   

Dans une scène, Greta s’énerve quand elle ne découvre pas seulement que, souvent, les promesses des gouvernements ne sont pas tenues. En plus, sur ces sommets des Nations unies pour le climat, tout le monde mange de la viande, il y a juste un repas végétarien au menu. Côté écologique, qu’avez-vous découvert quand vous êtes arrivé ici à la Mostra de Venise ?

C’est une question très importante. Cela dit tout quand elle va au sommet et se retrouve dans cette situation. Cette conscience, elle me l’a transmise. Par exemple, à Stockholm, j’ai pris le train pour venir ici à Venise. Un trajet de 34 heures. Ce sont des choses qu’on peut changer nous-mêmes. Au-delà, on a besoin de changer le système. Ici, à Venise, c’est un festival très glamour, avec des acteurs habillés très chic, mais j’espère, en présentant ce film ici dans ces cercles cinématographiques, que cela va contribuer à diffuser le message dans d’autres parties du monde.   

Avez-vous vous-même changé en faisant ce film ?

Ce sujet m’a intéressé déjà bien avant, mais je n’avais pas le savoir d’aujourd’hui. Greta m’a beaucoup appris, surtout à lire les informations d'origine, à aller aux sources des informations, par exemple à étudier l’Accord de Paris sur le climat.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.