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Disparition

Mort du comédien Roger Carel, grande voix du doublage

Le comédien spécialiste du doublage Roger Carel, sur le plateau de l'émission «Vivement Dimanche», en octobre 2012.
Le comédien spécialiste du doublage Roger Carel, sur le plateau de l'émission «Vivement Dimanche», en octobre 2012. Getty Images/Gamma-Rapho/Serge Benhamou

Le comédien Roger Carel, également légende du doublage, est mort le 11 septembre dernier à l’âge de 93 ans. Sa famille n'a annoncé la nouvelle que ce vendredi. Acteur de théâtre, de télévision et de cinéma, il est d'abord connu pour avoir été la voix d’Astérix et de tant d'autres personnages.

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S’il y a bien une voix dont on se souviendra, c'est celle de Roger Carel. Le point commun entre de nombreux personnages Disney comme Mickey, Winnie l’Ourson, Jiminy Cricket, le serpent Kaa dans Le livre de la Jungle, le valeureux Astérix le Gaulois d'Uderzo et Goscinny et le sage Maestro de la série animée des années 1980 Il était une fois ? C’est sa voix. Les personnages excentriques ou loufoques tels que Benny Hill, Kermitt la grenouille, le robot C3PO dans la saga Star Wars, l’extraterrestre Alf de la série du même nom, ou encore le célèbre détective Hercule Poirot interprété par David Suchet, c’est lui aussi.

La légende du cinéma Charlie Chaplin l’aurait choisi lui-même en 1968 pour être « sa voix française ». Il aurait déclaré « c’est cette voix que je voudrais pour Le Dictateur », premier film parlé du maître du cinéma muet, raconte Roger Carel à LCI. Même le géant du cinéma britannique Peter Ustinov, qui pourtant a l'habitude de se doubler lui-même en français, demande au comédien de le remplacer lorsque celui-ci ne peut assurer le doublage.

Mais ce n'est pas lui qui fait la démarche d'entrer dans cet univers à ses débuts. Un producteur le remarque pendant une représentation au théâtre. Il accepte la proposition. Peu lui importe de ne pas montrer son image. Après tout, sa voix est reconnaissable entre mille et l'activité de doublage n'est qu'une des nombreuses facettes du métier de comédien. Cela ne l'empêche pas de travailler sur d'autres projets, comme il le démontre si bien tout au long de son parcours.

Plus de 60 ans de carrière

Pour les premières adaptations d'Astérix à la radio au milieu des années 1960, Roger Carel est repéré et choisi par Uderzo et Goscinny, les créateurs de la bande dessinée. Au fil du temps, des liens très forts se tissent entre eux. « Uderzo et Goscinny sont deux vieux amis que j’ai gardés tellement longtemps, j’ai encore un lien avec leurs enfants, confie-t-il sur les ondes d’Europe 1 en 2013. Nous avions des liens presque familiaux, nous avons tellement travaillé sur ces personnages ! »

Roger Carel lors de l'avant-première du film «Astérix et les Vikings», le 16 mars 2006.
Roger Carel lors de l'avant-première du film «Astérix et les Vikings», le 16 mars 2006. Stephane Cardinale/Corbis via Getty Images

En plus de 60 ans de carrière, il multiplie les apparitions avec une vingtaine de rôles au théâtre, une trentaine à la télévision dont le fameux commissaire Guerchard dans Arsène Lupin, une cinquantaine de rôles au cinéma, des dramatiques radio et quelques courts métrages. Il embrasse également le music-hall aux côtés de Jacqueline Maillan. Dans les années 1970, on le voit lui donner la réplique dans l'émission Numéro un, de Maritie et Gilbert Carpentier. Un gage de spectacle sur le petit écran qui mélange chants, danses et sketchs, où se côtoient les vedettes de l'époque.

Roger Carel travaille aussi avec des metteurs en scène et réalisateurs célèbres tels que Robert Hossein, Claude Zidi, Jean Poiret ou Michel Serrault. Mais c’est lorsqu’il disparaît de l’écran ou des planches et prête sa voix pour les adaptations françaises d’œuvres étrangères ou pour des dessins animés que sa carrière explose.

« Roger Carel. Ça sonne bien !  »

Né en 1927, René Bancharel (de son vrai nom) prend goût dès son adolescence à s’amuser avec ses cordes vocales. Destiné à l’origine à devenir moine puis ingénieur, il abandonne cette voie et souhaite faire de la comédie. C’est sa tante qui lui trouve une audition auprès de Jean Marchat, acteur sociétaire de la Comédie-Française. Roger Carel franchit alors un premier pas dans le monde du théâtre. S’ensuivent des leçons au cours Bauer-Thérond, où il fait ses armes auprès d’Anouk Aimée, Jacques Ciron ou encore Michel Piccoli, puis au cours Simon. Il obtient son premier rôle en 1949, au théâtre de la Renaissance.

Une seule ombre au tableau : son nom. Celui-ci pose problème pour le comédien, car il est bien souvent écorché par ses professeurs ou au cours de rencontres « dans le milieu ». C’est l’acteur René Simon, fondateur du cours éponyme, qui lui trouve son nom de scène à l’aube de sa carrière. « On va couper Bancharel en deux. Charel, non… Carel. Roger Carel. Ça sonne bien ! », se souvient-il.

À presque 87 ans, il quitte les studios et prend définitivement sa retraite à Villemomble (en région parisienne), où il vit depuis de nombreuses années. Il interprète une dernière fois Astérix dans le long métrage d’animation Astérix, le domaine des dieux en 2014. Quelle a été sa « potion magique » pour avoir une carrière si prolifique ? Il confie : « cela a été ce métier merveilleux qui m’a entretenu merveilleusement, j’ai eu la chance de beaucoup jouer. Théâtre, télé, doublage. Quand on a le bonheur, on vieillit moins vite ! ».

Image interactive : les mille et une voix de Roger Carel

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