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Le Booker Prize 2020 attribué à l’Ecossais Douglas Stuart pour son roman «Shuggie Bain»

L'Écossais Douglas Stuart a remporté le prix Booker Prize 2020 pour son roman «Shuggie Bain», le 19 novembre 2020.
L'Écossais Douglas Stuart a remporté le prix Booker Prize 2020 pour son roman «Shuggie Bain», le 19 novembre 2020. © David Barry, AFP

L’écrivain écossais Douglas Stuart a remporté, ce jeudi 19 novembre, le Booker Prize 2020 pour son roman « Shuggie Bain ». Après le prix Nobel de littérature, cette distinction britannique, dotée de 50 000 livres (56 000 euros), est considérée comme l’un des plus prestigieux prix littéraires au monde. 

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« Je suis absolument stupéfait et je souhaite d’abord remercier ma mère… et mon mari », a déclaré le lauréat lors de la transmission de la cérémonie en vidéo ce jeudi soir à 21h à l’antenne et sur le site de la BBC.

Selon les statuts du prix, le Booker Prize est décerné à la meilleure œuvre de fiction en langue anglaise publiée au Royaume-Uni et en Irlande, mais depuis 2013, les jurés ont accepté de prendre en considération également des auteurs extérieurs au Commonwealth.  

Un portrait radical et tendre

Avant d’être le deuxième lauréat écossais (après James Kelman en 1994) du Booker Prize, Douglas Stuart, 44 ans, avait déjà le vent en poupe chez les bookmakers britanniques. Shuggie Bain se déroule dans les années 1980, alors que la Grande Bretagne est gouvernée par la conservatrice Margaret Thatcher. Il raconte l’histoire d’une famille ouvrière écossaise fortement affectée par l’alcoolisme et la pauvreté. Un portrait à la fois radical et tendre d’Agnes, mère alcoolique, et son fils Shuggie, un garçon solitaire en quête de son identité sexuelle.

Un premier roman, en partie autobiographique, auquel l’auteur a consacré une dizaine d’années pendant lesquelles il a écrit ce récit féroce qui se déroule à Glasgow. C’est dans cette ville que Stuart a grandi, dans un quartier où il affronte souvent des violences homophobes. Sa mère, qui a sombré dans l’alcoolisme, meurt quand il a 16 ans. Pour s’en sortir, il travaille la nuit pour d’abord terminer le lycée, avant de s’inscrire ensuite au Royal College of Art de Londres, son futur tremplin pour être embauché à l’âge de 24 ans par la maison de prêt-à-porter Calvin Klein, à New York.

Réaliser ses rêves

Aujourd’hui, Douglas Stuart a la double nationalité britannique et américaine. Et après deux décennies dans la mode, le Booker Prize devrait lui permettre de réaliser un rêve: se consacrer pleinement à l’écriture. Juste après avoir reçu le prestigieux prix, il a d’ailleurs annoncé avoir déjà pratiquement écrit son deuxième livre : une histoire d’amour entre deux garçons de Glasgow et leur séparation.

La cérémonie de remise du prix a été diffusée en direct sur l’antenne et le site de la BBC, avec une intervention de l’ancien président américain Barack Obama (« écrire un livre n’est pas une tâche facile »). Douglas Stuart devient  le successeur de la romancière canadienne Margaret Atwood et de l’auteur anglo-nigérian Bernardine Evaristo, les lauréats couronnés ex aequo en 2019. 

Au-delà du lauréat, l’édition 2020 s’est imposée comme un événement qui renouvelle la scène littéraire anglophone. Parmi les six écrivains de la liste finale, figuraient quatre femmes (dont l’écrivaine américano-éthiopienne Maaza Mengiste et l’écrivaine et cinéaste zimbabwéenne Tsitsi Dangarembga) et quatre premiers romans. En cette année particulière, le prix britannique aura donc été à la hauteur de sa réputation de lanceur de carrières littéraires internationales. 

► À lire aussi : Tsitsi Dangarembga, romancière dissidente et féministe du Zimbabwe

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