Le peintre Yan Pei-Ming, témoin de la «Pandémie»

Yan Pei-Ming, « Pandémie », 2020, diptyque, huile sur toile, 400 x 560 cm.
Yan Pei-Ming, « Pandémie », 2020, diptyque, huile sur toile, 400 x 560 cm. © Clérin-Morin - Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2021.

Il est l’un des peintres contemporains les plus reconnus. Yan Pei-Ming a mis à profit le deuxième confinement, en France, pour réaliser une œuvre monumentale intitulée « Pandémie », témoignage sombre de ce que le monde entier traverse à cause du Covid-19. La toile est installée à Colmar, dans l’est de la France, au musée Unterlinden, dans une exposition qui lui est consacrée et intitulée « Au nom du père ».

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Par notre envoyé spécial à Colmar,

C’est un diptyque dans les tons gris et noirs, de plus de quatre mètres sur cinq. À l’arrière-plan, une coupole et des barres d’immeubles, éclairées par la Lune. Au-devant de la scène, Yan Pei Ming lui-même, représenté en fossoyeur, tenue de protection et masque chirurgical. Une œuvre exécutée pour garder la mémoire de l’épidémie de Covid-19, selon le peintre, qui imagine que « dans 20, 30 ou 50 ans, le public aura peut-être oublié ce qui s’est passé. Cette toile est comme un arrêt sur image, pour l’éternité ».

Pandémie, de Yan Pei-Ming est accrochée non loin du retable d’Issenheim, exécuté au début du XVIe siècle alors qu’une autre épidémie faisait rage, l’ergotisme, ou « feu de Saint-Antoine ». Pour le peintre d’origine chinoise, installé en France depuis quarante ans, ces œuvres nous rappellent notre condition : « Nous sommes très provisoires. Nous ne sommes pas éternels. Un jour ou l’autre, nous rejoindrons un ailleurs. C’est la vie », soupire-t-il.

« La nuit n’est pas permanente »

Cependant, quand on demande ensuite à Yan Pei-Ming, 61 ans, s’il reste de la place pour l’espoir, il répond, philosophe, que « la nuit n’est pas permanente. Le soleil vient toujours un jour ou l’autre. On reverra le jour. »

L’œuvre Pandémie, de Yan PEI MING, ne sera pas vendue. C’est une question de décence pour lui, qui n’imagine pas « se faire de l’argent sur le dos de ceux qui sont morts ». La toile, exposée en ce moment au musée Unterlinden et accessible au public dès la réouverture des lieux de culture, demeurera dans la collection personnelle de l’artiste.

► Ce jeudi 8 avril à 18h30 aura lieu une visioconférence sur la genèse de l’exposition « Yan Pei-Ming – Au nom du père », par Frédérique Goerig-Hergott, commissaire de l’exposition.

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