«Trafic d'antiquités»: une exposition au Musée du Louvre

L'une des quatre statues funéraires pillées dans l'ancienne cité grecque de Cyrène en Libye, puis saisies par les douanes françaises, ici en exposition au Musée du Louvre le 21 mai 2021 à Paris.
L'une des quatre statues funéraires pillées dans l'ancienne cité grecque de Cyrène en Libye, puis saisies par les douanes françaises, ici en exposition au Musée du Louvre le 21 mai 2021 à Paris. AFP - ALAIN JOCARD

En 2020, plus de 28 000 biens culturels ont été saisis par les douanes françaises. En association avec les douanes, la mission archéologique française en Libye et l'office de lutte contre le trafic de biens culturels, le musée du Louvre à Paris permet à son public de voir des œuvres saisies en France en 2012 et 2016 alors qu'elles allaient être exportées illégalement. Une présentation inédite jusqu'au 13 décembre qui contribue à la lutte contre le trafic d'œuvres d'art et d'antiquité.

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A côté des bas reliefs sûrement originaires de Syrie, quatre demi-statues funéraires issues de l'ancienne cité grecque de Cyrène en Libye. Soit six pièces visibles et un objectif, explique Ludovic Laugier, conservateur du musée parisien, interrogé par Raphaël Thomas, du service Culture : « Sensibiliser le grand public à la lutte contre le trafic, parce que c'est un peu l'affaire de tout le monde le trafic d'antiquités. Si on a plus de mal à vendre les œuvres, on les trafiquera moins. »

La justice a autorisé l'exposition des œuvres malgré des procédures judiciaires toujours en cours. Une première pour le musée et son département des Antiquités. 

« Les antiquités sont propices au pillage parce que les sites archéologiques sont souvent vastes, difficiles à garder, poursuit Ludovic Laugier. Et puis il y a des zones qui ne sont même pas référencées comme sites archéologiques, donc tous ceux qui veulent ensuite retirer de l'argent pour leur propre bénéfice peuvent aller assez facilement sur le terrain pour piller les sites et notamment les nécropoles et les tombes. »

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Deux millions de livres sterling

Sur le marché ces pièces peuvent atteindre plusieurs centaine de millier d'euros. Parfois bien plus, selon l'archéologue Vincent Michel : « Pour la mieux conservée, on a un parallèle qui a été saisi en Angleterre, qui a été estimé à deux millions de livres sterling. » Ici, Le Louvre n'est qu'une escale. « Le but, précise Vincent Michel, c'est justement de faire en sorte que l'État qui a été volé puisse retrouver la totalité< de son patrimoine. »

La lutte contre le trafic à déjà permis  plusieurs restitutions. En février, des milliers d'objets pillés ont été rendus au Maroc. 

À écouter : Grand Reportage - le trafic d'antiquités, l'affaire de tous


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Laurence des Cars, 54 ans, historienne de l'art, deviendra la première femme à accéder à la tête du plus grand musée du monde. Elle dirigeait le Musée d'Orsay depuis quatre ans.

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