Transport maritime

Un nouveau partenaire pour CMA CGM

Le Christophe Colomb, de la CMA CGM, dans le port du Havre: un des plus gros porte-conteneurs du monde, exploité entre l'Asie et l'Europe.
Le Christophe Colomb, de la CMA CGM, dans le port du Havre: un des plus gros porte-conteneurs du monde, exploité entre l'Asie et l'Europe. AFP/Kenzo Tribouillard

CMA CGM, le plus gros armateur français et numéro trois mondial, a trouvé un nouveau partenaire. Le turc Yildirim va prendre 20% du capital du groupe de transport par conteneurs basé à Marseille. Une opération qui permet à CMA CGM d’entamer une restructuration commencée il y a plus d’un an sur fond de crise du fret maritime mondial.

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L’armateur français CMA CGM a annoncé, jeudi 25 novembre au soir, qu’un accord avait été signé avec le groupe turque Yildirim. Ce nouveau partenaire prendra une participation de 20% dans le groupe français pour un montant de 500 millions de dollars en obligations remboursables en actions (ORA). En contrepartie, l’entreprise turque disposera de trois représentants sur dix au sein du conseil d’administration, mais la famille Saadé, propriétaire de l’entreprise marseillaise, reste majoritaire avec 80% du capital et des droits de vote.

Le président et fondateur de CMA CGM, s’est félicité de cet accord. « Nous avons pris le temps de trouver le partenaire, le candidat avec qui la famille souhaitait bâtir son avenir », a expliqué Jacques Saadé, en relevant que les deux groupes familiaux partageaient des valeurs communes. Cet accord permet à CMA CGM, qui emploie aujourd'hui 16 000 personnes à travers le monde, de renforcer durablement sa structure financière.

Chute du fret

Victime de la crise et de la chute du commerce mondial en 2009, l’armateur a pris des mesures drastiques pour se maintenir à flot. Il a d’abord réduit sa flotte, ensuite rationalisé ses services, et enfin renégocié à la baisse les contrats d’affrètement, au fur et à mesure qu’ils arrivaient à échéance. Des mesures qui s’avèrent insuffisantes pour sortir l’entreprise du marasme financier qui enregistre une dette de 5 milliards de dollars en 2009.

La question de l’ouverture au capital se pose alors. Après l’échec des discussions avec les fonds Colony et Qatar Holding ou encore l’homme d’affaires belge Albert Frère, l’armateur français entame un nouveau round de négociations avec les entreprises familiales turque Yildirim et libanaise Mikati. Mais ces investisseurs potentiels conditionnaient jusqu’ici leur entrée au capital à une modification de la gouvernance.

Retour à l’équilibre financier

De son côté, l’Etat français pourrait également apporter son aide via le Fonds stratégique d’investissement (FSI), créé pour soutenir des entreprises jugées stratégiques. Selon Rodophe Saadé, le directeur général délégué de CMA CGM, les discussions continuent avec le FSI. Ce dernier s’est encore récemment dit prêt à entrer à son tour à hauteur de 5% du capital. Mais l’heure n’est plus à l’urgence pour sauver l’armateur français.

Lourdement déficitaire en 2009, CMA CGM a accompli depuis un redressement spectaculaire, grâce à la reprise du trafic. L’armateur français a ainsi enregistré un chiffre d’affaires de 10,5 milliards de dollars sur les neufs premiers mois de l’année, soit une hausse de 38% par rapport à la même période en 2009.

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