France

L’industrie de l’armement inquiète des conséquences des révoltes dans le monde arabe

Charles Edelstenne, le PDG de Dassault Aviation lors de la conférence de presse du 17 mars 2011.
Charles Edelstenne, le PDG de Dassault Aviation lors de la conférence de presse du 17 mars 2011. AFP photo/Eric Piermont

Le constructeur Dassault Aviation a présenté, ce jeudi 17 mars 2011, son bilan pour l'année précédente. Le chiffre d'affaires est en hausse de 22% à 4,2 milliards d'euros grâce à un niveau record de livraisons d'avions civils Falcon, 77% du chiffre d'affaires du constructeur dans le secteur militaire. Dassault n'a rien vendu à l'exportation depuis 10 ans et les révoltes dans les pays du monde arabe suscitent l'inquiétude des industriels de l'armement.

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Le marchand d'armes Dassault Aviation le reconnaît : avec la répression menée en Libye par le régime du Colonel Kadhafi, c'est un client de moins pour le Rafale. Tripoli avait un temps envisagé d'acheter quatorze avions de ce type.

« C’est une déception, pour Charles Edelstenne, le PDG de Dassault Aviation. Mais ça fait partie des règles du jeu dans ce métier. C’est-à-dire que je vois mal aujourd’hui, compte tenu de la situation libyenne, le gouvernement français donnant un accord d’exportation vers la Libye. Donc nous tirons un trait sur ce pays pour le moment ».

Les riches clients du Golfe, eux aussi, s'inquiètent de la détérioration de la situation dans leur pays. Epreuve de force à Bahreïn et déblocage de 36 milliards de dollars en Arabie Saoudite afin de financer des programmes sociaux, les dépenses militaires risquent d'être renvoyées à plus tard.

Dassault, qui compte toujours sur un important contrat aux Emirats Arabes Unis, espère que cette situation ne durera pas trop longtemps : « Les évènements pour le moment ont l’air d’être à peu près maîtrisés, explique Charles Edelstenne. Je pense qu’au Moyen-Orient, il y a quelques petits problèmes mais j’espère que ça ne se traduira pas en fait majeur qui puisse faire que nous soyons dans une situation un peu plus difficile ».

Ces cinq dernières années, les pays du Proche et du Moyen-Orient ont représenté plus du quart des exportations françaises d'armement.

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