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Energies

Un pétrole cher sur le long terme

Vue aérienne d’une raffinerie de pétrole à Dakhla dans le désert libyen.
Vue aérienne d’une raffinerie de pétrole à Dakhla dans le désert libyen. (Photo : Patrick Herzog / AFP)
Texte par : Myriam Berber
4 mn

Depuis quelques semaines, les cours du pétrole sont orientés à la hausse. Les pays exportateurs sont inquiets du niveau élevé des cours. De son côté, l'Agence internationale de l'énergie, qui représente les pays consommateurs de pétrole, redoute que cette hausse des cours du brut n’affecte la reprise.

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Le pétrole continue son ascension sur les marchés, même si la tendance s’est calmée ces derniers jours. Et il ne devrait pas s’arrêter là. A plus de 122 dollars, le baril de brut devrait dépasser les 130 dollars dans le courant de l’année, si l’on en croit bon nombre de spécialistes. Pire, certains envisagent même que ce prix grimpe jusqu’à 150 dollars le baril. Et il n’est pas sûr que les déclarations du ministre saoudien du Pétrole, indiquant, lundi 18 avril 2011, que « les pays producteurs de brut étaient inquiets du niveau élevé des cours », calment le jeu.

Le secrétaire général de l'Opep, l’Organisation des pays producteurs de pétrole, Abdallah el-Badri, a néanmoins jugé que les marchés étaient « suffisamment approvisionnés » et a appelé à la mise en place de « certaines régulations pour juguler la spéculation ». Des propos qui confirment ceux du ministre koweitien du Pétrole Cheikh Ahmad al-Abdullah al-Sabah, pour qui, « la fourniture est plus importante que la demande actuellement ». Selon ce dernier, c’est la spéculation qui pousse les prix pétroliers à la hausse.

Ressources mondiales en baisse

Mais d’autres facteurs conjoncturels jouent sur le prix du pétrole : l’issue de la crise libyenne, et surtout l’incertitude en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En mars, la production d’or noir a ainsi chuté, principalement en raison d'une baisse de près de 70% des livraisons de la Libye. Et l’arrêt de la production libyenne pourrait durer encore plusieurs mois. L’Arabie Saoudite, le poids lourd de l’Opep, a promis de compenser cette baisse de production, mais n’aurait plus de capacités de production inutilisée.

Plus globalement, les ressources pétrolières dans le monde sont en baisse. Un rapport de la banque britannique HSBC publié fin mars 2011 indique qu’il ne reste plus que 49 ans de réserves pétrolières. Les analyses de HSBC rejoignent les conclusions du Département américain de l’Energie ou de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) qui pointent le risque de pénurie sur le marché pétrolier dans les prochaines décennies. En effet, les champs pétroliers auraient déjà atteint leurs pics de production. Il faut également rappeler que les ressources sont de plus en plus difficiles d’accès et donc leur coût de production très élevé. Par exemple, le développement du pétrole non conventionnel à partir des sables bitumineux et des schistes en Amérique du Nord coûte très cher. C’est pourquoi, selon bon nombre d’experts, il faut « se préparer à payer le pétrole beaucoup plus cher encore à l'avenir ».

Les bénéfices des majors en hausse

Outre l’approvisionnement du marché, les investisseurs redoutent que ce niveau élevé des cours ne mette en danger la fragile reprise et ne finisse par affecter la consommation énergétique. C’est également le point de vue de l'AIE qui représente les pays consommateurs de pétrole. « Il y a aujourd'hui un vrai risque qu’un pétrole se maintenant à plus de 100 dollars le baril ne soit pas compatible avec le rythme de la reprise économique mondiale », note l’AIE dans son rapport mensuel. L’agence fait ainsi état d’un ralentissement de la demande mondiale depuis quelques mois. La demande des Etats-Unis et de la Chine, premiers consommateurs mondiaux, a déjà chuté.

Les compagnies pétrolières restent les vrais bénéficiaires de cette envolée des cours. En 2010, les majors ont doublé leurs bénéfices par rapport à 2009. Les trois géants américains ExxonMobil, Chevron et Conocco Phillips ont totalisés 43 milliards d’euros de résultats nets. Le bénéfice du pétrolier français Total a progressé de 32% à 10,3 milliards d’euros.

Pour en savoir plus :

- L'Agence internationale de l'énergie (AIE)
- IFP Énergies Nouvelles (IFPEN) (l’ancien Institut français du pétrole)
- Pétrole et gaz de schistes

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