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Des droits sociaux minimum

Nicolas Sarkozy, lors de la conférence du G20 à Paris, le 23 mai 2011.
Nicolas Sarkozy, lors de la conférence du G20 à Paris, le 23 mai 2011. REUTERS/Bob Edme

L’idée d’une protection sociale mondiale fait son chemin. Lors de la conférence du G20 sur le renforcement de la dimension sociale de la mondialisation qui s’est tenue ce lundi 23 mai 2011 à Paris, Nicolas Sarkozy a plaidé pour l’instauration d’un « socle de protection sociale minimum ».

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Aujourd’hui, huit personnes sur dix dans le monde ne bénéficient pas des garanties sociales de base pour faire face aux risques de la vie. Face à ce déficit dramatique, le président du G20 a décidé de faire avancer l’idée d’un socle de protection sociale adapté au développement de chaque pays. Pour cela, il faut, selon Nicolas Sarkozy, agir sur trois leviers.

Le premier est le développement de socles de protection sociale. C’est d’autant plus urgent que la crise financière a démontré que les économies résistent mieux lorsqu’il existe des régimes de protection sociale efficaces, car cela favorise la croissance. Pour Jean-François Troglic, représentant du Bureau international du travail (BIT) en France, l’objectif de cette première mesure est de faire avancer toutes les institutions économiques et sociales dans la même direction : « 40% de la population mondiale ne dispose pas du tout de protection sociale et 40% ne bénéficie que d’une protection partielle. On est loin d’une couverture généralisée. Ces questions doivent arriver au même niveau de discussions que les questions macroéconomiques ».

Respect des droits du travail

Le deuxième levier consiste à mettre l’emploi au cœur des choix économiques. Pour retrouver le niveau d’emploi d’avant la crise financière dans l’ensemble des pays du G20, ces derniers devraient créer 110 millions d’emplois, soit 22 millions par an pendant cinq ans. Le troisième levier est celui du respect accru des droits du travail, notamment par l’intégration dans les accords commerciaux de mécanismes incitatifs. Cela commence par la ratification, et l'application, des huit conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur les droits les plus fondamentaux du travail. Ainsi, des 8 conventions fondamentales, la Chine et la Corée n'en ont ratifié que quatre et les Etats-Unis, deux.

La confédération syndicale internationale qui défend les intérêts des travailleurs du monde entier, s’est félicitée de cette proposition comme l’a indiqué James Howard, le directeur du département de la politique économique : « Il est temps que la communauté internationale prenne un tel engagement. Il s’agit d’un socle. Cela signifie que même des pays moins avancés vont être obligés de mettre en place un minimum et vont trouver les moyens financiers pour mettre en place des mesures ».

Un objectif réalisable à moindre coût

Les pays développés consacrent en moyenne 19% de leurs richesses à la protection sociale. Mais ces dépenses ne dépassent pas 5% dans les pays en développement. Et pourtant, de nombreuses études chiffrées menées par le BIT montrent que c’est financièrement abordable, quel que soit le niveau de développement d’un pays. Le coût est estimé entre 2 et 5% du produit intérieur mondial.

Si certains pays en développement, comme le Mexique, le Brésil, l’Uruguay, le Chili, l’Afrique du Sud, la Thaïlande, ont déjà un socle assez complet en place. D’autres, comme la Chine, l’Inde, l’Argentine, la Colombie, la Bolivie, le Rwanda, ont établi des éléments importants du socle en matière d’allocations familiales, de protection des enfants et d’accès à la santé de base. Enfin, d’autres pays moins avancés ont décidé plus récemment de lancer le processus comme le Cambodge, l’Equateur, le Burkina Faso ou bien encore le Togo.

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