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Economie / Matières premières

Margarita Louis-Dreyfus, «capitaliste de l'année»

Margarita Louis-Dreyfus au soir de son double bonheur - professionnel et sportif -  le 6 décembre 2011.
Margarita Louis-Dreyfus au soir de son double bonheur - professionnel et sportif - le 6 décembre 2011. AFP PHOTO / FRED DUFOUR
Texte par : Christophe Carmarans
5 mn

A la tête du groupe de négoce de matières premières LD Commodities - et aussi de l’Olympique de Marseille - depuis le décès en juillet 2009 de son mari Robert Louis-Dreyfus, Margarita Louis-Dreyfus s’est vu décerner mardi 6 décembre le prix de « Capitaliste de l’année » par l’hebdomadaire Le Nouvel Economiste. Perçue à tort comme juste une héritière, la quadragénaire d’origine russe se révèle une dirigeante pugnace et avisée.

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Un bonheur n’arrive jamais seul. Il s’accompagne même parfois d’un petit miracle. Juste avant de recevoir dans les locaux d’un grand restaurant du XVIe arrondissement de Paris le prix du « Capitaliste de l’année 2011 » décerné par l’hebdomadaire Le Nouvel Economiste – une première pour une femme – Margarita Louis-Dreyfus a assisté devant un téléviseur et entourée de ses proches à l’incroyable retournement de situation qui a permis mardi soir 6 décembre à l’Olympique de Marseille de se qualifier pour les huitièmes de finale de la Ligue des champions face au Borussia Dortmund grâce à deux buts inscrits coup sur coup dans les dernières minutes de la rencontre. 

Destin hors du commun

Essentiellement connue du public français pour être l’actionnaire principale du club de football le plus populaire de l’hexagone, Margarita Louis Dreyfus, née Bogdanova, s’est tracé un destin hors du commun. Orpheline à sept ans après la mort de ses parents dans un accident de train, elle est élevée par son grand-père à Saint-Petersbourg. Dès sa majorité, elle émigre en Suisse où elle fait la rencontre de Robert-Louis Dreyfus qu’elle épouse trois ans plus tard en 1992 et à qui elle donnera trois enfants.

Robert Louis-Dreyfus est décédé le 4 juillet 2009 à l'âge de 63 ans.
Robert Louis-Dreyfus est décédé le 4 juillet 2009 à l'âge de 63 ans. (Photo : AFP)

Touche-à-tout éclairé et génie des affaires, « RLD » comme on le surnomme, est le descendant d’une lignée d’entrepreneurs d’envergure mondiale dont l'origine remonte au Second Empire, période à laquelle Léopold Louis-Dreyfus se lança depuis Bâle, en Suisse, dans le négoce du blé. Depuis, et malgré quelques revers de fortune liés aux aléas de l’histoire, le groupe s’est développé dans plusieurs secteurs avant de se recentrer principalement ces dernières années dans le négoce des matières premières (céréales, oléagineux, riz, sucre, éthanol, café, coton, lait, métaux, engrais, canne à sucre, gaz naturel, produits raffinés, charbon, pétrochimie). En 2010, Louis Dreyfus Commodities employait 40 000 personnes dans 55 pays pour un chiffre d’affaires de 60 milliards de dollars (45 milliards d’euros) et un bénéfice annuel évalué à plus d’un milliard de dollars.

Loin d’être juste une « femme de », Margarita s’est d’abord battue comme une lionne pour sauver son mari, atteint d’une leucémie et d’un virus incurable qui finira par l’emporter le 4 juillet 2009. Refusant les diagnostics qui ne donnent à son époux que quelques semaines à vivre, elle étudie la maladie et va prolonger de deux ans la vie de Robert Louis-Dreyfus en reprenant en main son suivi médical. Arrivé tard à la tête du groupe familial après avoir fait fortune ailleurs, et notamment au poker, RLD laisse ses parts en héritage à la holding LD Commodities et à la fondation Akira, un triumvirat composé de Jacques Veyrat et d’Erik Maris – ses deux hommes de confiance – et de Margarita.

Le langage des affaires

Une fois de plus, la blonde Margarita va faire preuve d’une force de caractère insoupçonnée en évinçant contre toute attente Jacques Veyrat du groupe au printemps 2011 pour devenir de fait la vraie patronne, secondée par l’influent Vincent Labrune, nommé au passage président de l’OM en replacement de Jean-Claude Dassier. Même si capitalisme ne rime pas avec philanthropie, celle qui est devenue « MLD » a fait vœu lors de la remise de son prix de « promouvoir les principes éthiques du groupe en manière alimentaire et d’éducation ».

« J’ai été très émue de recevoir ce prix car il récompense la vision de Robert », a-t-elle déclaré mardi soir à l’Agence France-Presse. « Louis Dreyfus est un groupe familial avec une stratégie à long terme qui a également une dimension durable, liée à l’environnement ». Réputée pour s’exprimer couramment en cinq langues (russe, français, anglais, italien, allemand), Margarita Louis-Dreyfus vient de démontrer qu’elle en maîtrisait une sixième : le langage des affaires. 

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