Téléphonie mobile/Free

Téléphonie mobile : Free casse les prix

Xavier Niel lors de sa conférence de presse du mardi 10 janvier.
Xavier Niel lors de sa conférence de presse du mardi 10 janvier. Reuters/Benoit Tessier

Free fait son entrée sur le marché de la téléphonie mobile en France. Le quatrième opérateur a dévoilé, ce mardi 10 janvier 2012, ses offres qui devraient permettre de réduire considérablement les factures de téléphone des Français. Des offres qui vont modifier les règles du jeu de la concurrence.

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Après Orange, SFR et Bouygues, Free Mobile fait son entrée sur le marché de la téléphonie mobile en France. Le quatrième opérateur a dévoilé ses offres qui comprennent notamment un forfait unique à 19, 99 euros par mois tout illimité, sans téléphone et sans engagement de durée. Pour les abonnés de Free, ce forfait est accessible pour 15,99 euros. Très attendues, ces offres de lancement sont toutefois réservées aux trois premiers millions d'abonnés.

Pour les personnes bénéficiaires du RSA, l’opérateur lance également un forfait social à 2 euros par mois, comprenant une heure de téléphonie et 60 SMS. Le
ministre de l'Industrie Eric Besson s'est félicité de « cet engagement en faveur des citoyens les plus défavorisés » et a indiqué que « cette offre pourra être éligible au label tarif social mobile ».  Le tarif actuel, mis en place par le gouvernement, prévoit un minium de 40 minutes de communication mobile et 40 SMS pour moins de dix euros.

Les tarifs les plus chers d’Europe

Free Mobile, qui propose de diviser par deux les prix, devrait bouleverser un marché déjà mature. 95% des Français sont, en effet, équipés d’un téléphone mobile. Un marché également où la concurrence est vive. Et pourtant, la facture moyenne mensuelle de téléphonie mobile des Français n’a baissé que de 10% depuis trois ans, selon les chiffres de l’Arcep, le régulateur des télécoms. La France reste, en effet, le pays européen où les tarifs de mobile pour les particuliers sont les plus chers. D’où la bataille menée par les trois opérateurs historiques, Orange, SFR et Bouygues Telecom, pour empêcher Free d’entrer sur le marché.

Mais le groupe de Xavier Niel dispose de sérieux atouts face au monopole constitué par ses concurrents. Free peut notamment s'appuyer sur des coûts légers : peu de magasins, peu de marketing et seulement 5 000 salariés. A titre de comparaison, Orange compte près du double d’employés. Si l’on en croit  plusieurs études, Free pourrait récupérer 8% du marché français de la téléphonie mobile, dans les quatre prochaines années.

La concurrence se prépare

De nombreux atouts mais également des handicaps. Sur le plan des infrastructures, le réseau de Free Mobile couvre 30% du territoire et près de 100% grâce à l’accord d’itinérance nationale conclu en mars dernier avec Orange, qui lui permet de louer son réseau d’antennes-relais. Son service après-vente est souvent mis en cause. Free mobile promet le déploiement de hotlines avec près de 800 salariés, mais ce support technique pourrait vite s'avérer insuffisant si le succès est au rendez-vous.

Après l’annonce des offres de Free, les valeurs boursières des trois opérateurs historiques ont dévissé : Bouygues Télécom a chuté plus de 2%, France Télécom (Orange) de 1,2 % , alors que le cours d'Iliad, propriétaire de Free a grimpé de 0,5 %.  Bien avant même l’arrivée de Free, Orange, SFR et Bouygues Telecom, les trois opérateurs ont contre-attaqué en lançant, ces derniers mois, des offres moins chères et sans engagement. Une concurrence qui devrait bénéficier aux consommateurs.

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