France / Chômage

France : le chômage au plus haut

La France compte plus de 4,6 millions de demandeurs d'emploi en décembre 2012.
La France compte plus de 4,6 millions de demandeurs d'emploi en décembre 2012. Photo : Reuters

En France, le chômage a encore augmenté au mois de novembre et frappe désormais plus de 4,6 millions de personnes. Comme toujours, ce sont les hommes, jeunes et seniors, les plus touchés. Un chiffre marqué par une nette hausse des chômeurs de longue durée, de 12% sur un an. Et les perspectives pour 2013 ne sont pas rassurantes.

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Inverser la courbe du chômage en France d’ici la fin 2013, c’est la promesse de François Hollande. Mais elle sera bien difficile à tenir. Pour le 19e mois consécutif en effet, le chômage s'est inscrit en hausse. Sur un an, le nombre de demandeurs d'emploi, toutes catégories confondues, comprenant les personnes au chômage ou travaillant à temps partiel, a augmenté de plus de 9%, pour s’établir à 4 617 400 personnes.

Ce sont toujours les hommes, jeunes et seniors, qui sont les plus touchés. Le recul de l'âge légal de la retraite a fait augmenter le nombre de demandeurs d'emploi de plus de 50 ans de près de 16% sur les douze derniers mois. Les moins de 25 ans sont également très nombreux, avec un taux en hausse de près de 9% sur un an.

La crise continue de détruire des emplois dans le secteur privé. L’emploi salarié dans les services s’est effondré au troisième trimestre. Plus de 50 000 postes ont ainsi été détruits entre juillet et septembre dans le secteur des services, contre 22 000 au deuxième trimestre. La chute est particulièrement spectaculaire dans l'intérim, avec deux tiers des emplois détruits. En un an, cette activité partielle a ainsi perdu plus de 12% de ses effectifs. L’industrie, et notamment la construction, est également durement touchée, avec une perte de plus de 10 000 emplois.

Explosion du chômage de longue durée

Autre symptôme de la dégradation du marché de l’emploi, l’explosion des chômeurs de longue durée, c’est-à-dire les personnes sans emploi depuis plus de deux ans. Elles sont désormais plus de 2 millions, soit une hausse de près de 12% sur un an. C’est l’un des faits marquants de cette envolée du chômage en France, juge Eric Heyer, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

« Plus on reste longtemps au chômage, plus la probabilité de retrouver un emploi s’affaiblit. Et par ce mécanisme, le chômage conjoncturel devient structurel. C’est aussi par ce biais que la pauvreté arrive, car généralement les chômeurs de longue durée n’ont plus accès à l’indemnisation, et tombent dans les minima sociaux qui ont du mal à être revalorisés. Résultat, la probabilité de tomber dans la pauvreté est importante pour ces populations-là », analyse-t-il.

Des chômeurs dits « invisibles »

Au-delà des chiffres officiels, la réalité du marché de l’emploi est encore plus inquiétante. La France compterait non pas 4 617 400 de sans-emploi, mais près de 9 millions de personnes en quête d’un emploi ou en situation de sous-emploi, si l’on en croit les associations de chômeurs qui travaillent quotidiennement sur le terrain.

Parmi ces chômeurs dits « invisibles », on retrouve notamment les décrocheurs qui ne sont plus inscrits à Pôle Emploi, les dispensés de recherche d’emploi (chômeurs en formation, en contrats aidés), les bénéficiaires du RSA non inscrits et les victimes de temps partiels subis (caissières de supermarché, employés de maison).

Et malgré les déclarations du président François Hollande, les perspectives pour 2013 ne sont pas bonnes. « On doit s’attendre à une progression continue pour l’année prochaine. En effet, la population active française continue d’augmenter, car il y a plus de jeunes qui arrivent sur le marché du travail que de seniors qui en sortent. Il y a un différentiel de 150 000 personnes. Pour stabiliser le chômage, il faut donc créer 150 000 emplois et pour cela, il faut un taux de croissance à 1,5%. Or les prévisions pour 2013 sont plutôt proches de 0 », explique l’économiste Eric Heyer de l’OFCE. Et de conclure : « Certes, le secteur public peut compenser les destructions d’emplois du secteur privé. Mais pour cela, il faut que le gouvernement recoure massivement aux contrats d’avenir et aux contrats de génération. Malheureusement, les finances publiques ne le permettent pas ».

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