«Aujourd'hui l'économie»

Le retour du FMI au Caire

Christine Lagarde, directrice du FMI, et le président égyptien, Mohamed Morsi, lors de leur première rencontre en août 2012.
Christine Lagarde, directrice du FMI, et le président égyptien, Mohamed Morsi, lors de leur première rencontre en août 2012. REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

« Aujourd'hui l'économie » est un nouveau rendez-vous sur l’antenne de RFI. Du lundi au jeudi à 17h20 TU, Dominique Baillard vous propose d’aller à l’essentiel en décryptant les faits marquants de l’actualité économique. Au programme de cette première édition : le retour du FMI au Caire, le répit accordé aux banques européennes et la crise en Italie.

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Le FMI de retour au Caire

Alors que l'Egypte est au bord du gouffre financier, le président égyptien Mohamed Morsi n'a toujours pas réussi à finaliser un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour obtenir un prêt de 4,8 milliards de dollars. Pourquoi tant d'attente ?

Le Fonds ne prête pas d'argent sans avoir un certain nombre d'assurances. Il cherche en général à obtenir des gouvernements des réformes profondes avant de débloquer un prêt. En ce qui concerne l'Egypte, au début de la crise politique, sa situation financière était rassurante, la Banque centrale avait suffisamment de réserves pour soutenir l'économie. Le Caire a donc pris son temps avant d'appeler à l'aide, et c'est seulement au mois d'août que la demande officielle a été faite. Les négociations ont commencé assez vite et puis en décembre les discussions se sont enrayées.

L'Egypte, réticente face aux concessions exigées?

Bien au contraire, on a cru qu’un accord était proche début décembre. Le président Morsi annonce alors la disparition des subventions sur une série de produits de base, des cigarettes au ciment en passant par la facture téléphonique. Des subventions dont le FMI ne voulait plus entendre parler. Mais trois jours seulement après la publication du décret, le président, très contesté dans la rue à cause de sa réforme de la Constitution, fait volte-face, il l'annule. Le lendemain, le FMI annonce le report des discussions qui semblaient pourtant terminées. Certains observateurs voient une relation de cause à effet directe entre ces événements. Vrai ou faux, cela met en évidence les sacrifices que le pays doit envisager pour obtenir de l'argent frais.

L'Egypte doit-elle subir une cure d'austérité?

C'est ce qu'on lui demande alors que le chômage s'aggrave, que le déficit public explose. C'est peut-être pour annoncer ces choix douloureux que le président Morsi a choisi de remanier son gouvernement à la veille du rendez-vous avec le FMI. Sur les dix nouveaux ministres, sept ont en charge des questions économiques, dont le ministre des Finances, le nouvel interlocuteur du FMI, El Morsi El Sayed Hegaz. C'est un universitaire, spécialiste de la finance islamique.

Un nouveau répit accordé aux banques européennes

Elles ont obtenu un aménagement des règles dites de Bâle III. Bâle III est l'ensemble des contraintes mises en place après la crise de 2008 pour les obliger à avoir plus de liquidités sur leur comptes, et cela pour éviter, en cas de problèmes que les Etats soient appelés à la rescousse. Officiellement, cet assouplissement devrait profiter à l'économie, mais en fait, vu la réaction des bourses où les titres bancaires ont progressé, on a le sentiment que c'est surtout un nouveau cadeau qu'elles se sont octroyés, car il faut savoir que le comité de Bâle qui édicte ces règles est composé exclusivement d'hommes de l'art, banquiers de leur état.

Dans cette euphorie, la voix de Klaus Schwabb, fondateur du forum de Davos, détonne et étonne

Cet éminent professeur d'économie, acquis à la cause du et des marchés, a l'air en effet dubitatif sur les efforts accomplis. « Il n'y a toujours pas de règles qui limitent les conducteurs fous de vitesse sur les autoroutes financières, a-t-il déploré. Un nouveau crash peut survenir à tout moment ». Alors 2013, année de la vertu à Davos? On vérifiera d'ici la fin du mois, c'est à partir du 23 janvier que les grands de ce monde se retrouvent dans la station des Alpes suisses.

En Italie, les immigrants plient bagage

Les Chinois notamment préfèrent retourner chez eux plutôt que d'endurer le chômage et l'austérité du « Professore » Mario Monti. Certains vont tenter leur chance au Canada, le nouvel eldorado, mais beaucoup rentrent à la maison où les perspectives sont plus alléchantes qu'en Europe.

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