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ZONE EURO

Critiqué partout, Jeroen Dijsselbloem reste soutenu aux Pays-Bas

Lorsque Jeroen Dijsselbloem a pris la tête de l’Eurogroupe, il présentait deux atouts majeurs: être Néerlandais et préconiser la rigueur budgétaire voulue par l’Allemagne.
Lorsque Jeroen Dijsselbloem a pris la tête de l’Eurogroupe, il présentait deux atouts majeurs: être Néerlandais et préconiser la rigueur budgétaire voulue par l’Allemagne. REUTERS/Laurent Dubrule

Jeroen Dijsselbloem était un relatif inconnu, même chez lui, avant d’accéder le 21 janvier dernier à la présidence de l’Eurogroupe. Ce travailliste de 46 ans est surnommé « Dijsselbourde » en France, depuis sa malheureuse petite phrase sur les banques, après l’échec de son plan de sauvetage de Chypre. Critiqué partout, il l’est moins aux Pays-Bas, où on lui manifeste du soutien.

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« Si vous prenez des risques, vous devez les assumer ». Jeroen Dijsselbloem a essuyé une volée de critiques après cette petite phrase, adressée le 25 mars aux banques. Une façon de dire que les contribuables européens ne vont pas payer continuellement pour les risques financiers pris par des établissements privés. Son plan de sauvetage de Chypre, rejeté le 19 mars par le Parlement chypriote, avait prévu de taxer les dépôts bancaires, pour faire payer « les riches et les pauvres » pour la crise de la dette dans ce pays. Un vent de panique a aussitôt soufflé sur les marchés : les analystes se sont demandé si l’Europe cesserait de renflouer les pays en crise et laisserait de la même manière l’Espagne, l’Italie ou le Portugal à leur triste sort.

Jeroen Dijsselbloem, depuis, voit ses compétences remises en question. Il est vrai qu’il n’était que simple député travailliste, avant d’être propulsé ministre des Finances, dans la coalition libérale et travailliste formée après les législatives du 12 septembre dernier aux Pays-Bas. Ce proche de Diederik Samsom, le chef du parti travailliste (PVDA), ingénieur agronome ayant fait un troisième cycle de gestion des entreprises en Irlande, ne s’était guère fait remarquer avant son plan de sauvetage de Chypre. Il est surtout connu aux Pays-Bas pour sa dénonciation des jeux vidéo violents et des clips sexistes à la télévision.

Un ministre des Finances qui « dit la vérité »

Lorsqu’il a succédé à Jean-Claude Juncker à la tête de l’Eurogroupe, il présentait deux atouts majeurs qui n’avaient rien à voir avec ses compétences : être Néerlandais et préconiser la rigueur budgétaire voulue par l’Allemagne, mais aussi être un socio-démocrate, du coup acceptable pour le gouvernement français.

Aujourd’hui, Jeroen Dijsselbloem se trouve sur un siège éjectable. Mais chez lui, il reste soutenu, même si des éditoriaux soulignent avec ironie qu’il « sera remercié un jour pour avoir détruit l’euro ». « Les Néerlandais sont fiers qu’il l’ait ouvert et qu’il ait dit la vérité », note le journaliste Stefan de Vries, correspondant à Paris du quotidien économique et financier Het Financieele Dagblad à Paris.

Son plan de sauvetage de Chypre a été soutenu par toute la classe politique à la seconde chambre néerlandaise, à l’exception des populistes de droite et de la gauche radicale du Parti socialiste (SP). Aux Pays-Bas, on est habitué à des débats francs et ouverts : la sortie pure et simple de la Grèce ou même des Pays-Bas de la zone euro ont fait partie des thèmes de la dernière campagne électorale.

Pour Xander van Uffelen, chef des pages économiques du quotidien de gauche De Volkskrant, « traiter la crise chypriote par les banques était un choix raisonnable, qui donnait aussi un bon signal aux autres pays faibles tels que l’Espagne, l’Italie et la Slovénie, avec une menace d’intervention de Bruxelles s’ils ne contrôlent pas leur budget ».

De même, la responsabilité des banques dans la crise actuelle est au cœur du débat public néerlandais depuis 2008. Les banquiers se trouvent dans le collimateur du pouvoir, qui veut limiter leurs bonus à 20% de leur salaire fixe annuel.

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