Commerce international

OMC: un accord négocié après des négociations marathon

Roberto Azevedo, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (pouce levé) savoure l'accord obtenu à l'arraché à Bali le 7 décembre 2013.d
Roberto Azevedo, directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (pouce levé) savoure l'accord obtenu à l'arraché à Bali le 7 décembre 2013.d REUTERS/Edgar Su

Un accord est intervenu à l'arraché samedi 7 décembre à Bali entre les 159 membres de l'Organisation mondiale du commerce pour une libéralisation des échanges commerciaux. Un accord qualifié d'historique car c'est le premier depuis la création de l'OMC il y a dix-huit ans. « Nous avons sauvé l'OMC » s’est réjoui le commissaire européen au Commerce Karel De Gucht.

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En sommeil depuis la crise financière de 2008, l'Organisation mondiale du commerce dont l'existence même était en jeu, est parvenue à un accord qui relance le processus d'abaissement des frontières douanières dans le monde.

Lancé il y a douze ans à Doha au Qatar, le programme de libéralisation du commerce est remis sur les rails. A Bali, les membres de l'OMC ont décidé de réduire leurs subventions agricoles à l'exportation, d'exonérer de droits de douanes les Pays les moins avancés (PMA) et de lever les obstacles bureaucratiques aux échanges. Au total, l'impact de ces mesures est évalué à mille milliards de dollars de création de richesses supplémentaires.

Mais s'il sauve l'institution OMC de l'échec, l'accord de Bali reste malgré tout très en dessous des objectifs initiaux de Doha en 2001. Le directeur général de l'OMC, le Brésilien Roberto Azevedo arrivé à ce poste en septembre dernier a bien précisé que l'accord de Bali n'est qu'un début. Dans les douze mois à venir un programme détaillé doit être élaboré pour mettre en musique les principes retenus à Bali.

A (ré)écouter : Ressusciter l'OMC, le défi de son nouveau directeur Roberto Azevedo


■ REACTION : l'analyse de Dominique Plihon, porte-parole d'Attac et membre du collectif de chercheurs les « Economistes attérés »

« L’OMC sauve la face en permettant la conclusion de cet accord, mais cet accord est quand même minima et pose des problèmes. Le nouveau directeur, M. Azevedo, pratique ce qu’il appelle l’ambiguïté constructive. C’est l’idée qu’il faut être ambigu, parce qu’autrement on n’arrive pas à signer un accord. On sauve le multilatéralisme en quelque sorte.

Peut-être que ça va freiner les accords bilatéraux qui se concluent et qui sont très critiquables. Quand on voit l’accord que vient de signer l’Europe avec le Canada, par exemple, de même que l’accord en négociation entre les Etats-Unis et l’Europe, le multilatéralisme de ce point de vue-là est souhaitable. Ça permet d’avoir une négociation plus globale. C’est mieux que des accords bilatéraux.

En tant Attac, altermondialiste ou 'économistes attérés', nous sommes quand même très critiques, du fait que l’OMC n’applique pas une des dimensions de la charte, de l’accord de Marrakech de 1994, qui avait décidé de mettre au centre des ses objectifs la question du développement durable. »

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