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Ukraine / Russie

La crise en Ukraine pourrait faire plonger l’économie russe

La menace d’une intervention armée russe en Crimée serait un coup dur pour l’économie.
La menace d’une intervention armée russe en Crimée serait un coup dur pour l’économie. REUTERS/David Mdzinarishvili

Les marchés financiers paniquaient ce lundi 3 mars en Russie face à l'escalade de la crise en Ukraine. La menace d’une intervention en Crimée ferait beaucoup perdre Moscou sur le plan économique.

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Sur le marché des changes comme à la bourse moscovite, c'était le sauve-qui-peut général ce lundi matin. La bourse a perdu 10% de sa valeur dans la matinée. Quant au rouble, déjà sur la pente descendante la semaine dernière, il a accéléré sa chute. Vendredi 28 février, les investisseurs ont pris peur à cause de la forte exposition des banques russes à la dette ukrainienne, mais aujourd'hui c'est le bruit des bottes qui les effraie.

Pour calmer le jeu sur le marché des changes, la Banque centrale a relevé son taux directeur, de 5 à 7% ce lundi matin, juste avant l'ouverture des marchés. Une mesure exceptionnelle, prise pour endiguer la chute, mais sans grand effet. La devise russe a poursuivi sa dégringolade. Il faut maintenant plus de 50 roubles pour acheter un euro. Un record absolu.

La déclaration de Kerry a provoqué la débandade

Moscou pourrait endurer un isolement économique, a affirmé hier le secrétaire d'Etat américain John Kerry, si les troupes russes ne sont pas retirées de Crimée. La déclaration a provoqué la débandade des marchés russes. La mondialisation a rendu l'économie russe beaucoup plus dépendante de l'extérieur, en particulier pour les produits occidentaux d'importation dont la classe moyenne russe est si friande. Par ailleurs sans capitaux étrangers, Moscou aura du mal à développer son industrie.

Gazprom est celle qui incarne le mieux cette dépendance accrue à l'égard de l'Ouest. Le géant gazier est le principal fournisseur de l'Ukraine, mais aussi de l'Europe. Avec Kiev, il a beau jeu de menacer de fermer le robinet si les ardoises ne sont pas réglées, mais avec ses clients européens, c'est plus compliqué de manier le bâton. L'Europe de l'Ouest lui fournit la moitié de ses revenus. C'est ce qui permet d'équilibrer les comptes du mastodonte.

Vers le boycott du gaz russe ?

Le boycott du gaz russe de la part des Européens est une option peu crédible selon les experts du marché gazier, car elle pénaliserait autant le client que le fournisseur. L'Allemagne, le poids lourd économique de l'Union, dépend trop du gaz russe pour s'en passer. C'est aussi le pari du Kremlin.

Mais d'autres armes sont aux mains des Européens et des Américains. Le boycott du G8 de Sotchi au mois de juin fait partie des mesures de rétorsion envisagées. Ce serait un camouflet diplomatique pour Vladimir Poutine, mais aussi un sérieux revers économique pour la station balnéaire. Ceux qui ont injecté 50 milliards de dollars dans Sotchi pour en faire l'hôte des Jeux olympiques d'hiver attendent un retour d'investissement, qui passe par une notoriété accrue pour attirer congrès et manifestations internationales dans la ville du Caucase. Enfin, avant même qu'une sanction ne soit prononcée, l'économie russe va déjà pâtir des décisions de ses propres dirigeants. La hausse des taux d'intérêt annoncée ce matin est un sérieux coup de frein à l'activité. La Russie, qui était déjà au ralenti, n'en avait pas besoin.

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