France / Namibie

Namibie: comment la mine de Trekkopje a été surévaluée par Areva

La tour Areva, la Défense, France.
La tour Areva, la Défense, France. Getty Images/Christophe Lehenaff

La police française a effectué, mardi 3 juin, une dizaine de perquisitions dans le cadre du rachat par Areva de la société canadienne Uramin en 2007 pour 1,8 milliard d'euros. Des soupçons pèsent sur les conditions d'achat d'Uramin dont les actifs, des mines d'uranium en RCA, mais surtout en Namibie, se sont très vite avérés surévalués.

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Un milliard d'euros d'investissement, la mine de Trekkopje en Namibie était aux yeux des dirigeants d'Areva une excellente opportunité. Areva obtient sa licence d'exploitation du gouvernement namibien le 16 février 2009 pour une durée de 25 ans renouvelable.

La production doit commencer deux ans plus tard et la mine doit devenir l'une des plus grosses pourvoyeuses d'uranium au monde. Tout le monde est si confiant qu'un contrat est signé avec la Chine qui achètera 35% de la production namibienne d'Areva. Mais très vite, les dirigeants de la compagnie française déchantent.

Rendement décevant

La teneur en uranium de Trekkopje est inférieure à ce qui était annoncé. Ce qui réduit le potentiel, 26 000 tonnes au lieu de 45 000. Et les coûts de production augmentent en conséquence. Au même moment, la catastrophe de Fukushima freine les ardeurs nucléaires mondiales. La demande d'uranium chute et les prix de vente aussi.

Areva est prise à contre-pied. Uramin et son gisement de Trekkopje ne sont pas la poule aux œufs d'or attendue, mais un gouffre. Areva est obligée de mettre la mine namibienne, comme celle de Bakouma en République centrafricaine, entre parenthèses et de provisionner 1,8 milliard d'euros.

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