Economie

L'affaire BNP Paribas tourne au bras de fer entre Paris et Washington

Le dossier BNP Paribas est instruit à la fois par le régulateur financier et par le procureur fédéral du comté de New York.
Le dossier BNP Paribas est instruit à la fois par le régulateur financier et par le procureur fédéral du comté de New York. REUTERS/Charles Platiau

16 milliards de dollars, c’est le nouveau montant record que pourrait atteindre l’amende infligée à la banque française BNP Paribas, selon l'agence de presse Reuters. BNP Paribas est accusée d'avoir enfreint un embargo américain, d'avoir financé des opérations en dollars avec des pays placés sous embargo américain.

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Si la presse américaine continue de parler d’une somme comprise entre 8 et 10 milliards de dollars, les négociations entre BNP Paribas et la justice américaine semblent prendre un nouveau tournant.

L’agence de presse Reuters parle ce vendredi 6 juin du chiffre astronomique de 16 milliards de dollars évoqué lors des négociations en cours. Ce chiffre serait une réponse tactique des autorités américaines à la banque française, qui chercherait à tout prix à réduire le montant de sa pénalité.

Il faut dire que l’étau se resserre autour du groupe bancaire. Sous la pression des autorités américaines, BNP Paribas est même sur le point de licencier l’un de ses dirigeants, Georges Chodron de Courcel, qui préside sa filiale suisse.

Au total, Benjamin Lawsky, le régulateur bancaire de New York exigerait le départ d’une douzaine de banquiers associés aux opérations litigieuses de la banque dans des pays comme le Soudan, l’Iran ou encore Cuba.

→ A (RE) LIRE : BNP: les Etats-Unis veulent faire tomber des têtes


Quelles conséquences sur les relations diplomatiques entre la France et les Etats-Unis ?

L'amende infligée à la Banque française BNP Paribas tourne au bras de fer entre la France et les Etats-Unis. Cette affaire, Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères l'a précisé, a même été évoquée jeudi soir par les présidents français et américain lors d'un dîner à Paris.

Selon le ministre, le président français François Hollande a expliqué à son homologue américain Barack Obama l'importance de cette affaire. BNP Paribas est considérée comme l'une des banques qui comptent le plus en Europe. Et si d'aventure elle devait être sujette à une amende jugée disproportionnée, cela pourrait avoir des répercussions « très négatives pour l'Europe et son économie ».

Ce vendredi matin sur les antennes de RTL, Laurent Fabius n'a pas hésité à parler de conséquences notamment sur le traité de libre-échange transatlantique : « Ce traité, qui est peut-être positif pour développer les échanges, ne peut exister que sur une base de réciprocité. Evidemment, si dans le cas d’une banque européenne c’était de l’unilatéralisme qu’il s’agissait et non pas de réciprocité, ça risque d’avoir des conséquences négatives. »

Mais lors du dîner entre chefs d'Etat, Barack Obama a botté en touche. Pour lui, le pouvoir judiciaire est séparé de l'exécutif. Il ne peut donc avoir la moindre influence sur la justice de son pays. A l'heure actuelle, le dossier BNP Paribas n'a pas encore terni les relations entre la France et les Etats-Unis. Mais lorsque la justice américaine se prononcera, d'ici quelques jours, la situation pourrait nettement évoluer.


Bank of America pourrait payer une amende de 12 milliards de dollars

Le feuilleton de la justice américaine contre les banques n’en finit pas. La Bank of America, la deuxième du pays, elle, devra payer 12 milliards à propos des pratiques en matière de crédit immobilier. C'est ce que rapporte ce vendredi 6 juin le Wall Street Journal.

Si cette amende est confirmée, elle serait une des plus importantes jamais infligée par la justice américaine à un établissement financier. Il semble que Bank of America accepterait de payer 12 milliards de dollars pour mettre un terme à une longue enquête au civil liée à des crédits hypothécaires douteux, les fameuses subprimes.

Selon le Wall Street Journal, une partie du montant, 5 milliards, pourrait servir à aider les emprunteurs victimes des pratiques douteuses. La banque pourrait, par exemple, réduire le capital encore dû ou le montant des mensualités restantes. La stratégie des autorités américaines est donc claire : face à la colère de l’opinion publique aux Etats-Unis contre ces banques qui sont à l’origine de la crise, elles veulent en finir avec la finance immorale.

Car le cas de Bank of America n’est pas isolé. Rappelons qu’une autre banque américaine, JP Morgan, a payé au civil 13 milliards de dollars pour échapper à des poursuites analogues. C’est la preuve qu'il n'y a pas que les banques françaises qui sont dans le viseur de la justice américaine. 

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