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FRANCE

Alstom, un groupe américain avec un chaperon public

Logo sur le toit de l'usine de Reichshoffen, dans le nord-est de la France, le 24 avril 2014.
Logo sur le toit de l'usine de Reichshoffen, dans le nord-est de la France, le 24 avril 2014. REUTERS/Vincent Kessler

La branche énergie du groupe Alstom revient bien à celui qui le convoitait depuis le début, c'est-à-dire à l'Américain General Electric. Le gouvernement hostile à ce rapprochement a fini par l'accepter moyennant une entrée au capital d'Alstom.

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Dans les milieux d'affaires on aime bien parler d'accord gagnant-gagnant, c'est comme ça qu'est présenté aujourd'hui ce rachat initialement jugé « pas acceptable en l'état » par Arnaud Montebourg, le remuant ministre de l'Economie. Voyons donc qui sont les gagnants. Monsieur Montebourg incontestablement a réussi à imposer sa ligne et à faire la démonstration que l'Etat a encore son mot à dire sur le sort des fleurons industriels français. En obligeant au passage General Electric à améliorer son offre. L'autre gagnant plus inattendu c'est le groupe Bouygues qui détenait 29% des actions Alstom. Le groupe de bâtiment et travaux publics trouve une occasion inespérée de se désendetter en cédant ses titres au prix qu'il a fixé, c'est-à-dire 35 euros l'action et non 28 euros, son prix de marché actuel. Sans parler des faveurs que Bouygues a sans doute grapillé dans la négociation orale. Un créneau sur la TNT gratuite pour LCI sa chaîne d'information qui souffre sur le canal payant par exemple. Et pourquoi pas un rachat de sa branche télécom par Orange. Ce sont encore des hypothèses, qui se vérifieront ou non ultérieurement.

Les deux-tiers du chiffre d'affaire d'Alstom sous contrôle américain

Dans un contexte économique aussi délétère pour les entreprises françaises, l'essentiel est de traverser l'orage en conservant ses muscles, c'est-à-dire ses produits porteurs, sa recherche, ses usines, et bien sûr ses emplois. Et dans ce contexte là, le mariage avec General Electric est aujourd'hui comme hier, l'option la plus favorable pour l'avenir du groupe français. La branche énergie, les deux tiers du chiffre d'affaire d'Alstom passe bien sous contrôle américain mais elle profitera aussi de la puissance de feu de ce géant de l'énergie. Les usines restent en France, et les emplois sont a priori sanctuarisés. Au moins pour quelques années. En revanche le sort de la branche transport demeure incertain. General Electric a mis dans la corbeille son activité signalisation, un lot juteux en terme de bénéfice, il a aussi signé des accords qui laissent espérer un accès plus large au marché du rail américain, mais le pôle reste fragile : trop petit par rapport aux concurrents de l'hémisphère sud, il n'a pas non plus les produits à bas coût que recherchent les pays émergents. L'accord trouvé sauve donc l'essentiel, mais il est impossible d'avoir des garanties sur sa pérennité car le sort d'une entreprise privée, même quand l'Etat en est actionnaire, dépend d'abord du marché, et quand son marché est surtout hors des frontières nationales, l'influence des pouvoirs publics est de fait assez limité.

Deux sièges au conseil d'administration d'Alstom pour l'Etat

L'Etat dispose de fait d'une plus grande marge de manoeuvre sur la destinée du groupe. Pour le moment Arnaud Montebourg, l'ardent défenseur de l'Etat, stratège, n'a pas été très bavard sur les choix stratégiques du groupe. Il a surtout brandi le bâton en déclarant ce matin que General Electric encourt une pénalité de 50 000 euros pour tout emploi non créé. Des menaces qui apportent de l'eau au moulin de tous les allergiques à l'intervention publique. Ceux qui estiment que cette prise de participation plus motivée par la méfiance que la confiance va surtout dissuader les groupes étrangers de s'intéresser aux groupes français.
 

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