France

A Marseille, la grève à la SNCM plombe les recettes du commerce local

Une vue sur l'arrière du Kalliste, qui appartient à la compagnie La Meridionale. Des employés de la SNCM ont bloqué son accès pendant une semaine avant de le rendre libre à nouveau, le 9 juillet.
Une vue sur l'arrière du Kalliste, qui appartient à la compagnie La Meridionale. Des employés de la SNCM ont bloqué son accès pendant une semaine avant de le rendre libre à nouveau, le 9 juillet. AFP PHOTO / BORIS HORVAT
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le conflit de la Société nationale maritime Corse Méditerranée (SNCM) entame ce jeudi 10 juillet son 17e jour. Peut-être le dernier jour de grève. Des discussions sont en en effet en cours à Marseille autour d'un médiateur depuis lundi après-midi. Dès 8h30 heure française, les marins se réunissent en assemblée générale pour donner suite ou pas à leur grève. En attendant, pour les acteurs économiques locaux, le mal est déjà fait.

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Avec notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt

Le conflit social handicape lourdement les liaisons vers la Corse, le Maghreb, mais freine également l'économie du port marseillais puisque les escales des navires de croisières sont déplacées vers d'autres ports, à Sète, Toulon et Nice.

L'image qui en pâtit

Or, la ville de Marseille avait beaucoup misé sur les escales des bateaux de croisière. La cité phocéenne misait beaucoup sur la reprise de confiance envers son port et se vantait d’une augmentation de 34% cette année du nombre de coiriéristes faisant escale dans la ville. L’ouverture, dans le quartier du port, de deux nouvelles galeries commerciales participait de cette dynamique et de cette confiance. Le manque à gagner est de sept millions d'euros pour les commerçants du centre-ville. C'est le cas d'Annie qui tient une boutique de souvenirs : « 30% de moins. C'est catastrophique pour tous les commerçants. »

Le responsable du patronat local, Jean-Luc Chauvin, craint pour sa part un second préjudice pour l’économie locale, à plus long terme cette fois : « Il y a un coût plus important qui est celui de l'image. Parmi les armateurs qui ont annulé leurs 18 escales ici, un certain nombre d'entre eux en ont reprogrammé sur Nice, sur Gêne, sur Barcelone et ont trouvé qu'ils pouvaient y arriver dans de bonnes conditions. Et l'an prochain, ils ne prendront plus le risques de venir à Marseille et d'être bloqués. »

Plus de deux semaines de blocage et 30 000 passagers privés d’escale. Une catastrophe et cinq ans de travail pour rien, estime Jacques Truau, en charge du dossier croisière à la Chambre de commerce : « Ca me met en colère. C'est l'éradication d'efforts colossaux pour recevoir ici à Marseille 28 opérateurs différents, une reprise de confiance avec eux. C'est un échec. »

Libération du Kalliste

Le conflit semble aujourd’hui s’apaiser sur le port. Ce mercredi soir les grévistes ont « libéré » le ferry le Kalliste de la compagnie La Méridionale qu’ils bloquaient depuis plus d’une semaine. Geste d’appaisement au moment où l’intervention des forces de l’ordre était imminent. Mais pour les acteurs économiques locaux, le mal est déjà fait.

Le préavis de grève avait été déposé par les syndicats qui craignaient l'abandon d'un plan de relance de l'entreprise en difficultés, menacée notamment par deux amendes de Bruxelles, d'un montant total de 440 millions €. Un plan négocié avec l'ancienne direction et les syndicats. Il prévoyait un renouvellement des navires, une augmentation du rythme de travail et la suppression de 500 postes.

Pour les responsables syndicaux, pas de doute, l'actionnariat de la SNCM (Etat 25% - 33% Transdev, à parité entre Véolia et la Caisse des dépots) veut le placement en redressement judiciaire de l'entreprise.

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