France

France: une baisse des impôts pour six millions de ménages en 2015

La suppression de la première tranche permettrait la baisse d'impôts pour six millions de ménages.
La suppression de la première tranche permettrait la baisse d'impôts pour six millions de ménages. AFP PHOTO/PHILIPPE HUGUEN

Au lendemain du vote de confiance obtenu de justesse à l'Assemblée (31 députés socialistes se sont abstenus), Manuel Valls a annoncé ce mercredi 17 septembre que la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu pourrait être supprimée dans la loi de finances pour 2015. Déjà hier, dans son discours de politique générale, le Premier ministre avait annoncé des mesures en faveur des plus démunis avec notamment une baisse des impôts pour six millions de ménages en 2015.

Publicité

Déjà en 2014, quatre millions de ménages ont bénéficié d'une baisse d'impôt. Avec cette nouvelle proposition, ce serait au total 6 millions de foyers des classes moyennes et populaires qui bénéficieraient d'un allègement d'impôt sur le revenu, soit un tiers des contribuables.

Cette première tranche imposée à 5,5% concerne les foyers dont le revenu annuel est compris entre 6 000 euros et 12 000 euros. Selon Manuel Valls, un retraité qui perçoit 1 400 euros par mois paiera 230 euros de moins d'impôt sur le revenu, pour un couple salarié avec trois enfants et un revenu mensuel de 4 200 euros, la baisse d'impôt atteindra 1 100 euros par an.

Avec cette proposition, le Premier ministre veut tourner la page du ras-le-bol fiscal, tout au moins pour les classes moyennes qui ont de plus en plus de difficulté à payer leurs impôts. Selon l'administration fiscale, le nombre de demandes d'échelonnement ou de non-paiement de l'impôt est en hausse de 22% entre 2011 et 2013.

Reste à savoir qui devra supporter ce manque à gagner pour l'Etat - la baisse est portée à trois milliards d'euros. Une question qui inquiète ceux vont continuer à payer et notamment les classes moyennes supérieures.

Réactions :

Pour le député UMP, Hervé Mariton, « c’est une mesure prise dans la précipitation et qui est contraire à toutes les analyses raisonnables que l’on fait de la fiscalité en France et de l’impôt sur le revenu. L’impôt sur le revenu est trop concentré. L’entrée dans l’impôt sur le revenu est plus brutale. En supprimant la première tranche, on va donc rentrer sur un taux plus élevé et d’emblée on rend l’entrée dans l’impôt sur le revenu encore plus brutale qu’elle ne l’est aujourd’hui. Parmi tous ceux qui réfléchissent, techniciens, parlementaires, de droite et de gauche, à l’impôt sur le revenu en France, aucun n’aurait fait cette proposition. C’est d’ailleurs peut-être pour cela que le Premier ministre ne l’a pas annoncée hier en séance parce que je pense vraiment que les membres socialistes de la Commission des finances auraient ouvert des yeux ahuris. »

Karine Berger, députée des Hautes-Alpes et secrétaire nationale du Parti socialiste en charge des questions économiques, conteste les accusations et assume une politique qui ne fait pas la part belle à l'austérité : « Evidemment, c’est une mesure de gauche. Mais la question n’est pas d’aller dans le sens d’un morceau du PS, la question, c’est de parler aux Français. Le Premier ministre ne s’adresse pas à des bouts de son parti. Il s’adresse aux Français pour leur dire, "nous vous avions promis que nous arriverions à baisser les prélèvements parce que nous le faisons pour les entreprises mais nous savons aussi que les ménages français ont besoin d’un peu de pouvoir d’achat". Donc cette mesure s’inscrit dans cette promesse-là. Elle est complètement d’ailleurs en accord avec le fait qu’on sait très bien que ce sont tous ces gens qui ne sont pas forcément dans les minima sociaux, mais qui sont ce qu’on appelle très techniquement la « classe moyenne inférieure », que je trouve détestable comme termes mais qui veut dire tout simplement dire qu’on a de quoi vivre, mais on est vraiment dans la zone où ce n’est pas facile de boucler ses fins de mois. Ce sont ces personnes-là, ces Français-là, qui ne paieront plus d’impôt sur le revenu l’année prochaine. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail