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France

France: de bien mauvaises perspectives budgétaires

Le ministre français des Finances, Michel Sapin, à Paris, le 1er oc tobre 2014.
Le ministre français des Finances, Michel Sapin, à Paris, le 1er oc tobre 2014. REUTERS/John Schults
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les chiffres sont mauvais. Selon les prévisons d'automne de la Commission européenne, la France ne pourra pas tenir ses objectifs budgétaires en 2015. Et la France sera lanterne rouge en 2016 avec le plus haut déficit public des pays de la zone euro.

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La Commission européenne ne croit pas aux objectifs budgétaires du gouvernement français. Les experts tablent pour 2015, sur un déficit public à 4,5 %, et plus grave encore à 4,7 % pour 2016, très loin de la barre des 3 %, objectif officiel de Paris désormais repoussé à 2017.

Ces mauvais chiffres sont, selon la commission, le résultat d'une croissance trop faible mais aussi de certaines largesses de l'Etat français comme l'augmentation du montant des aides au patronat par le biais du CICE ou encore les réductions d'impot accordées aux ménages les plus pauvres.

Un plan d'économies pas sufisamment détaillé

Pour la Commission, le plan d'économies de 21 milliards d'euros présentés par Bercy pour le projet de budget 2015 ne tient pas compte des effets de la conjoncture ni de l'augmentation du chômage.

Dans ses calculs, la Commission estime que 2 milliards d'euros ne sont pas assez détaillés, pas plus que les nouvelles mesures trouvées dans l'urgence la semaine dernière par le ministre de l'Economie. Des mesures qui, selon Michel Sapin, doivent réduire le déficit public de près de 3,7milliards d'euros de plus que prévu. Pour l'entourage du ministre de l'Economie, les calculs de la Commission sont purement théoriques et ne signifient rien.

La politique de Hollande remise en cause

Alors que François Hollande arrive à mi-mandat, cette mauvaise nouvelle relance le débat sur l'efficacité de la politique du gouvernement. Si la France voyait encore ses déficits se creuser, cela voudrait-il dire que l'échec de François Hollande est patent ? Ce n'est pas l'avis du secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert : « Bruxelles parle sans connaitre les mesures qui ne sont pas encore votées dans la loi de finances 2015 et encore moins dans celle de 2016. Nous avons une ligne de conduite qui consiste à réduire les déficits, à ne pas casser la croissance ».

Ne pas casser la croissance, se méfier des prévisions de Bruxelles et garder le cap, voilà la version du gouvernement. Mais dans la majorité certains socialistes contestent la nécessité de persévérer alors que ça ne marche pas. « On continue et même on approfondit une politique qui est de plus en plus perçue par les nôtres comme étant à rebours de ce qu’on avait promis. Et ça pose problème puisque cette politique ne produit pas de résultats », souligne le député de Paris Pascal Cherki.

Un constat partagé par Eric Woerth, l'ancien ministre du Budget de Nicolas Sarkozy. « Les prévisions du gouvernement ne sont pas du tout réalistes et le président de la République qui va parler jeudi soir doit répondre à tout cela. » Convaincre que malgré les apparences, la politique engagée est la bonne, c'est le défi que François Hollande va devoir relever lors de son intervention télévisée.

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