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Entreprise

France: la recapitalisation d’Areva de plus en plus probable

La tour Areva, à La Défense, en banlieue parisienne.
La tour Areva, à La Défense, en banlieue parisienne. Getty Images/Christophe Lehenaff
Texte par : Agnieszka Kumor
2 min

Les difficultés s'aggravent autour d'Areva. Le groupe a enregistré un plongeon de son action jeudi 20 novembre au matin, à la suite de la suspension de ses objectifs financiers pour les deux ans à venir. Voilà qui soulève des questions sur la recapitalisation du géant français du nucléaire.

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Confronté à un marché du nucléaire prudent, le spécialiste de l'atome reconnaît clairement être en difficulté financière. D'où l'abandon de ses objectifs d'équilibre pour 2014. C’est ce qui conditionne la capacité de l'entreprise à financer sa croissance, rembourser ses dettes et rémunérer ses actionnaires par ses propres capitaux. Et pour 2015 et 2016, toutes ses perspectives financières ont été suspendues dans l'attente de leur révision. Fin juin, la dette du groupe notée par l'agence Standard & Poor's atteignait près de 5 milliards d'euros, et elle pourrait encore grimper en 2015. La recapitalisation de l'entreprise devient de plus en plus urgente.

Interrogé sur la question, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron estime qu'il est trop tôt pour en parler mais que l'Etat prendra toutes ses responsabilités.

Sous pression financière depuis de longs mois, Areva a fortement besoin d'argent. L'Etat français, qui contrôle 87% de son capital, pourrait être contraint à injecter jusqu'à 2 milliards d'euros dans le groupe, ne serait-ce que pour compenser ses pertes.

Bercy reprend les choses en main

L'Etat français qui a, par ailleurs, commencé la réorganisation de la direction du groupe. Après la démission de Luc Oursel, le PDG d'Areva, il y a un mois, pour des raisons de santé, c'est à Pierre Blayau de quitter le navire. Le président du conseil de surveillance n'a pas été reconduit. Bercy a appelé à la rescousse l'ancien patron du groupe automobile PSA Peugeot, Philippe Varin. Il sera amené à diriger le futur conseil d'administration. Objectif : renforcer le contrôle des actionnaires, et donc de l'Etat français, sur la stratégie du groupe.

Là-dessus, on manque justement de visibilité. Areva accuse des retards notables sur les chantiers de l'EPR dans le nord de la France et en Finlande, et accumule les délais dans le redémarrage des réacteurs japonais, stoppés depuis la catastrophe de Fukushima, en 2011. Toutes ces difficultés pourraient diminuer de 10% son chiffre d'affaires.

Le groupe français va devoir réduire ses investissements et céder une partie de ses actifs pour sortir du rouge et recouvrer la confiance des investisseurs. En tout cas, le rebond initialement prévu en 2015 semble désormais compromis. 

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