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France/Economie

Semaine de protestation chez les patrons français

Les patrons ont défilé à Paris avec des chaînes et des cadenas autour du coup pour dénoncer la politique économique menée, le 1er décembre.
Les patrons ont défilé à Paris avec des chaînes et des cadenas autour du coup pour dénoncer la politique économique menée, le 1er décembre. REUTERS/Charles Platiau
4 min

Les patrons français protestent toute cette semaine de début décembre dans plusieurs villes en France. Ils souhaitent ainsi dénoncer 30 ans de politique économique qu’ils jugent asphyxiante.

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Pour la première fois depuis 14 ans, trois organisations patronales ont appelé les chefs d’entreprises à se mobiliser : le Medef, la CGPME qui représente les petites et moyennes entreprises, et l’UPA, l’Union professionnelle artisanale. Même si toutes trois sont unies sur le fond de la mobilisation, elles ont décidé de manifester chacune à leur manière.

La CGPME était dans la rue, ce lundi 1er décembre, à Paris et à Toulouse. Les chefs d’entreprises ont apporté des cadenas, un geste qui symbolise l’étranglement qu’ils ressentent. L’UPA a publié une lettre ouverte à François Hollande. Le Medef, quant à lui, a lancé des réunions de militants et une campagne sur les réseaux sociaux. Pierre Gattaz, le chef de file du Medef, axe sa mobilisation sur la pédagogie, mais les sifflets pourraient bien retentir mercredi 3 décembre à Lyon lorsqu’il s’exprimera.

Le ras-le-bol des patrons

Les patrons se disent bridés par une accumulation de charges, de contraintes, de taxes et de sanctions. Les charges pour commencer : Pierre Gattaz, le patron du Medef, a chiffré la hausse de la fiscalité des entreprises à plus de 42 milliards d’euros entre 2010 et 2015. La faute, selon lui, à la gauche comme à la droite. Le gouvernement de Nicolas Sarkozy serait responsable de la moitié de cette augmentation et celui de François Hollande de l’autre. Et ces charges ne cessent d’augmenter. Au total, 90 taxes ont été créées en quatre ans, s’insurgent les patrons.

Le compte pénibilité, jugé inapplicable, est aussi dans leur ligne de mire. Il pourrait coûter entre 500 et 600 euros par salarié. Même si ce salarié n’est pas concerné par le dispositif. Autre contrainte : l’interdiction d’embaucher à temps partiel moins de 24 heures par semaine. Les patrons auront aussi l’obligation d’informer les salariés en cas de cession d’entreprise. Mais pour eux, la vente d’une entreprise doit se faire dans la discrétion. Sinon les salariés s’inquiètent et les clients risquent de se tourner vers d’autres fournisseurs.

Quid du choc de simplification et du pacte de responsabilité ?

Trop de contraintes, trop de charges. Pourtant, le gouvernement a lancé plusieurs mesures censées aider les entreprises et relancer la croissance. Le choc de simplification par exemple. Un ensemble de mesures qui doivent faciliter la vie des entreprises, comme la dématérialisation de certaines procédures, mais leur mise en place se fait attendre. Les mesures administratives restent lourdes et le code du travail, plus de 3 000 pages, un vrai casse-tête pour les entrepreneurs, dont le temps est millimétré.

Il y a bien le pacte de responsabilité. C'est-à-dire une baisse des charges sociales pour les entreprises de 41 milliards d’euros d’ici 2017. Mais près d’un an après avoir été annoncé par le président de la République, le dispositif se fait lui aussi attendre. Il reste aussi très controversé par les syndicats, car cette aide aux entreprises n’est pas assortie de contrepartie chiffrée en termes d’embauches.

Quant au CICE, le crédit impôt compétitivité emploi, que les entreprises ont commencé à percevoir cette année, il déçoit. Il s’agit d’un crédit à faire valoir sur l’impôt sur les sociétés équivalent à 4 % en 2013 (6 % en 2014) du total des rémunérations brutes, si elles ne dépassent pas deux fois et demie le salaire minimum. C'est-à-dire, les salaires de moins de 3 600 euros par mois. Pour l’obtenir, encore faut-il que l’entreprise fasse des bénéfices, qu’elle ait un nombre de salariés conséquents à ce seuil de salaire, ce qui est rarement le cas des petites entreprises. Et pour celles qui n’ont pas d’experts-comptables pour remplir les formulaires, c’est de la paperasserie en plus. Un « coup de pouce » donc qui, de l’avis d’un entrepreneur, est encore « une usine à gaz ». De nombreux griefs donc vont s’exprimer toute cette semaine.

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