Espagne

Crash en Espagne: l'A400M cloué au sol partout sauf en France

L'Airbus A400M avait déjà été critiqué par l'Allemagne et la Grande-Bretagne pour des défauts de qualité. Ici en présentation officielle en Grande-Bretagne le 15 juillet 2014.
L'Airbus A400M avait déjà été critiqué par l'Allemagne et la Grande-Bretagne pour des défauts de qualité. Ici en présentation officielle en Grande-Bretagne le 15 juillet 2014. AFP PHOTO / CARL COURT

Les deux boîtes noires de l'avion de transport militaire qui s'est écrasé samedi lors d'un vol d'essai près de Séville ont été retrouvées et remises aux enquêteurs, ont annoncé les autorités espagnoles dimanche 10 mai. Suite à l'accident, la plupart des pays qui possèdent des A400M Atlas, aussi surnommés « Grizzly », ont décidé de suspendre leurs vols en attendant les résultats de l'enquête sur l'accident mortel survenu samedi à Séville.

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C'est un nouveau coup dur pour l'avion de transport militaire européen. L'Allemagne, la Grande-Bretagne et la Turquie ont décidé par prudence de suspendre tous les vols de leurs A400M. Ce 11 mai, ces trois pays ont été rejoints par la Malaisie, premier client hors d'Europe, et qui avait reçu un appareil en mars 2015. « Oui, nous avons immobilisé le nôtre en attendant d'en savoir plus », a ainsi déclaré sur Twitter le ministre de la Défense malaisien, Hishammuddin Hussein.

En revanche, en France, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a annoncé que seuls les vols prioritaires en opération seraient effectués en attendant les résultats de l'enquête. L'armée française dispose de six de ces appareils qui ont réalisé jusqu’à présent 1 700 heures de vol sans problème.

L'accident survenu dans le sud de l'Espagne, impliquant un avion qui devait être livré en juillet à la Turquie, est un nouveau coup dur pour ce modèle. Il est le résultat laborieux de la coopération militaire européenne et son programme accuse quatre ans de retard et 30% de dépassement de budget, soit un surcoût de plus de 6 milliards d'euros.

Cet accident ne va pas faciliter sa commercialisation. Actuellement, seuls 12 appareils sont en service, mais plus de 170 « Grizzlys » ont été commandés, dont une cinquantaine par la France et l'Allemagne et plus d'une vingtaine par l'Espagne et le Royaume-Uni.
 

L'A400M, une coopération européenne

Le programme A400M démarre en 2003. Six pays de l’Union européenne (Allemagne, France, Espagne, Royaume-Uni, Belgique, Luxembourg), plus la Turquie, collaborent pour fabriquer cet avion de transport militaire qui va subir de nombreux déboires. Airbus et ses partenaires n’ont aucune expérience dans le domaine militaire, ce qui explique sans doute les retards et les dépassements de budget.

C’est à Séville que l’appareil est assemblé et c’est en Espagne également qu’il effectue son premier vol d’essai en 2009. En 2013, après 3 ans et demi de retard, l’A400M est livré à son premier client, la France. Equipé des plus puissants turbopropulseurs existants, l’avion a été conçu pour transporter une charge utile pouvant atteindre jusqu'à 37 tonnes. Il a également un rôle stratégique de soutien aux opérations de combat.

Au total, 170 exemplaires de l’A400M ont été commandés par sept pays membres de l’Otan, plus la Malaisie. Mais seuls cinq ont commencé à l’exploiter : la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Malaisie et la Turquie.

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