France / Défense

France: nouvelle donne pour la loi de programmation militaire

Le président français François Hollande (c), le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian (g) et le ministre des Finances Michel Sapin (d), à la sortie d'un Conseil de Défense à l'Elysée, le 21 janvier 2015.
Le président français François Hollande (c), le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian (g) et le ministre des Finances Michel Sapin (d), à la sortie d'un Conseil de Défense à l'Elysée, le 21 janvier 2015. REUTERS/Philippe Wojazer

A l'ordre du jour du Conseil des ministres de ce mercredi 20 mai 2015, l'actualisation de la loi de programmation militaire qui court jusqu'en 2019. Le président François Hollande a confirmé une sanctuarisation du budget de la Défense. De nouveaux crédits et moins de suppressions d'effectifs. Ce nouveau dispositif va permettre de s'adapter à la nouvelle donne sécuritaire créée par les attentats de janvier.

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Terminé les économies. Face à la menace terroriste et pour assurer la sécurité des Français, où qu'ils se trouvent, François Hollande renforce les moyens de la Défense. Le budget va augmenter de près de quatre milliards d'euros, de 2016 à 2019. En réalité, cette augmentation vient acter une décision présidentielle. Celle de maintenir 7 000 hommes qui seront affectés en permanence à la sécurité du territoire. Cela signifie qu'il faut conserver un volume d'environ 20 000 hommes pour les missions de protection du territoire. Car un soldat sur le terrain, cela veut dire qu'un autre se prépare et qu'un troisième se repose.

Cette rallonge budgétaire va également permettre d'accorder plus de moyens à la cyberdéfense, à l'aéronautique et au renseignement. Bonne nouvelle pour les entreprises de Défense, un milliard d'euros sera consacré à l'achat de nouveaux équipements et notamment l'achat de sept hélicoptères d'attaque, six hélicoptères spécialisés dans le transport de troupes et deux patrouilleurs pour la marine.

Des contrats pour l’industrie américaine

Mais cela ne profitera pas forcément aux industriels européens. L'armée française veut également acheter des avions de transport militaires à l'américain Lockeed Martin. Des achats qui se feront au détriment de son concurrent européen l'A400M d'Airbus.

Le président a surtout promis que le budget de la Défense resterait à 31,4 milliards d'euros. Un budget sanctuarisé grâce aux déblocages de nouvelles lignes de crédit. La loi de programmation militaire sera révisée courant juin.

Machine arrière également sur les réductions d'effectifs. A l'origine, cette Loi de programmation militaire prévoyait 30 000 suppressions d'emplois. Un rythme qui n’est plus tenable avec la menace terroriste. Dix-huit mille postes civils et militaires seront épargnés.

Pour assurer l'opération Sentinelle, le versant miliaire du plan Vigipirate, l'armée de terre va recruter près de 10 000 soldats entre 2015 et 2016. L'armée de terre devient, donc, le premier recruteur français. Plus que GDF Suez, Carrefour ou bien encore la SNCF. Hormis au Royaume-Uni, il y a très peu d'exemples en Europe d'une telle montée en puissance de l'armée de terre.

Des Opex aux coûts élevés

Plus d'effectifs pour la sécurité des sites sensibles sur le territoire français, mais également pour les opérations militaires extérieures. Des Opex (opérations extérieures) qui sont maintenues à un niveau élevé, du Sahel à l'Irak. Près de 500 millions d'euros étaient inscrits au budget 2015 pour ces fameuses Opex. Un budget qui pourrait encore augmenter.

Hormis les Britanniques, la France assume des coûts dans ce domaine supérieurs à ses voisins européens. Depuis des années, la France milite pour que le financement des opérations militaires extérieures qui contribuent à la sécurité de l'Europe soit exclu du calcul des déficits.
 

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