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Allemagne / Grèce

Berlin aurait économisé 100 milliards d’euros grâce à la crise grecque

La chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, le 17 juillet.
La chancelière Angela Merkel et le ministre des Finances Wolfgang Schäuble, le 17 juillet. AFP PHOTO / JOHN MACDOUGALL
3 mn

Selon une étude de l'Institut Leibnitz de recherche économique, l'Allemagne aurait profité de la crise grecque en attirant des capitaux séduits par la sécurité offerte par les emprunts d'Etats allemands. Grâce à cette forte demande, Berlin a pu se permettre d'avoir des taux d'intérêt plus faibles et de faire de substantielles économies budgétaires que l'institut estime à 100 milliards d'euros.

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De notre correspondant à Berlin,

Les investisseurs préfèrent la sécurité. Lorsqu’ils achètent des emprunts émis par des Etats, ils privilégient ceux provenant de pays sûrs offrant les meilleures chances de ne pas perdre sa mise. C’est le cas pour l’Allemagne qui bénéficie d’excellentes notes de la part des agences de notations internationales. Berlin n’a donc pas besoin d’offrir des taux élevés pour attirer ces placements. Il a pu au contraire les baisser, profitant, d’après l’Institut Leibnitz de recherche économique, de l’argent d’investisseurs évitant des pays en crise comme la Grèce.

D’après cette étude, les taux d’intérêt plus faibles des emprunts allemands auraient ainsi permis à Berlin de réaliser des économies budgétaires de 100 milliards d’euros depuis le début de la crise grecque. Les experts estiment que sans la crise grecque, les taux d’intérêt moyens que l’Allemagne aurait dû payer auraient été entre 2010 et aujourd’hui 3 % plus élevés. Un effet qui a aussi prévalu dans d’autres pays comme les Etats-Unis, les Pays-Bas ou la France, mais à un moindre niveau.

D’après les experts, ces économies budgétaires seraient supérieures aux garanties consenties par l’Allemagne pour les plans d’aide à la Grèce, soit environ 90 milliards d’euros si cet argent devait être perdu, ce qui aujourd’hui reste une hypothèse très théorique.

Critiques

Mais d’autres économistes ont critiqué les calculs et les conclusions de l’Institut Leibnitz. Ils soulignent que si l’Etat a fait des économies et plus facilement assaini son budget avec des intérêts moins élevés pour rembourser sa dette, cette politique de faibles taux a aussi des conséquences négatives pour les épargnants allemands. Les pertes qu’ils ont subies devraient donc être également prises en compte pour un calcul plus exact. Par ailleurs, si l’économie allemande traditionnellement exportatrice profite d’un euro plus faible, cela a aussi des conséquences négatives pour les importations dans une autre monnaie, à commencer par l’énergie.

D’autres experts s’en prennent aux fondements mêmes de l’étude de l’Institut Leibnitz. Sans nier l’avantage de l’Allemagne grâce à des taux d’intérêt plus faibles, ils se demandent toutefois comment leurs collègues ont pu scientifiquement quantifier la part jouée par la crise grecque et expliquant les plus faibles taux d’intérêt allemands. L’un d’entre eux parle même d’un présupposé « totalement spéculatif ».

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