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Bourses: Shanghai replonge, l'Asie résiste, faux rebond à Tokyo

Après un «lundi noir» sur les places financières mondiales, Tokyo et Hong Kong sont repassés dans le vert, bien que Shanghaï soit toujours en recul.
Après un «lundi noir» sur les places financières mondiales, Tokyo et Hong Kong sont repassés dans le vert, bien que Shanghaï soit toujours en recul. REUTERS/Thomas Peter

Au lendemain du « lundi noir » sur les places boursières de la planète, la glissade s'est poursuivie mardi matin à la Bourse de Shanghai. Si d'autres grandes places financières asiatiques tendaient à repasser dans le vert, Tokyo a rechuté de près de 4 % à la clôture.

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Shanghai, dont le plongeon de 8,5 % avait entraîné lundi dans sa débâcle les marchés boursiers mondiaux, a ouvert mardi 25 août sur un recul de 6,4 %. Si vers 6 h TU, l'indice composite de la Bourse de Shanghai ne cèdait plus que 3 %, la séance s'est clôturée sur un nouveau plongeon de plus de 7,6 %, sous les 3 000 points (2 964,97 pts).

La Bourse de Schenzhen a elle aussi dévissé (près de - 7,1 %, à 1 749,07 points).

A Tokyo, l'indice Nikkei, qui a chuté de plus de 3 % dans les premiers échanges mardi, a par la suite réussi à effacer la totalité de ses pertes de la matinée, avant de progresser de plus de 1,5 % à la mi-séance. Mouvement éphémère, puisqu'à la clôture, le Nikkei rechutait de près de 4 %, après avoir déjà chuté de plus de 4,6 % lundi.

Vers 3 h TU, à Hong Kong où l'indice Hang Seng avait ouvert en recul de 0,6 %, ce dernier est ensuite repassé dans le vert pour reprendre 1,9 %, après environ une heure de transactions. Son repli s'est ensuite accentué.

Taiwan, qui avait lâché 4,84 % lundi, a pour sa part ouvert en hausse et le principal indice boursier de la Bourse de Taipei gagnait 2,67 % vers 3 h TU.

Les marchés sont très volatiles. Les cours des matières premières se ressaisissent aussi : le prix du pétrole progresse ce mardi matin, alors que le baril de Brent a plongé lundi sous les 45 dollars. Il y a donc de l'espoir ce mardi matin, après le mouvement de panique générale de la veille, généré par les inquiétudes sur l'économie chinoise.


• Chutes mondiales : quel impact en Afrique ?

Ralentissement de la deuxième puissance économique de la planète ; turbulences sur les places financières de cette dernière ; dévaluation du yuan il y a près de deux semaines... Ces trois facteurs sont à l'origine des soubressauts de la planète financière et continuent de peser sur les marchés. Lundi, toutes les places asiatiques, américaines et européennes ont dégringolé lundi. Pour l’économiste Alexandre Kateb, maître de conférence à Sciences Po Paris, même si l’impact est encore très limité, les places africaines n’échappent pas à la règle dans un tel contexte. Ci-dessous, son analyse, au micro de Stanislas Ndayshimiye :

« Certaines bourses (africaines, NDLR) vont être durablement impactées. Celles notamment où les valorisations avaient atteint un niveau excessif, notamment toutes les bourses qui étaient soutenues par des liquidités importantes, à l'époque du grand marché boursier haussier. Je pense notamment à la Bourse de Johannesburg, bien qu'elle a déjà corrigé pas mal.

Mais d'autres places boursières seront fondamentalement moins affectées, puisqu'elles bénéficient de valorisations attractives. Il y a un certain nombre de sociétés dont l'activité est plus diversifiée, qui sont apparues ces derniers années dans certains grands pays africains, comme le Nigeria par exemple. Ces valeurs sont plus soutenues par la demande intérieure, par la consommation de classes moyennes émergentes. L'impact devrait être moins important que pour les sociétés orientées vers l'extraction pétrolière. On est vraiment dans un scénario de crash boursier. » (la revue de presse Afrique de RFI se penche également sur la question. En savoir plus.

• Les incertitudes sur la Chine, vues des Etats-Unis

Lundi, même les marchés américains ont été touchés. La Bourse de New York a perdu plus de 3,5 % à la clôture. Pourquoi le ralentissement de l'économie chinoise fait-il à ce point peur à Wall Street ? Eléments de réponse avec notre correspondant à Washington, Pierre-Yves Duga :

« La Chine est la deuxième économie du monde et elle connait un net ralentissement. Ses dirigeants semblent dépassés et la confiance n’est plus là. On a vraiment l’impression, vu des Etats-Unis, que les autorités chinoises ont tenté de brider la baisse des cours de la Bourse de Shanghai. Ce faisant, ils ont aggravé le mal en empêchant les vendeurs de vendre, et ils ont créé une crise de confiance. On assiste aussi à une perte de confiance dans la Banque centrale chinoise, qui n’arrive pas à prendre des mesures de relance assez fortes. La perte de confiance est évidente, depuis la dévaluation du yuan le 11 août dernier.

Cette dévaluation a choqué et fait craindre de nouvelles dévaluations, voire même des courses à la dévaluation, puisque que d’autres pays émergeants, fragiles et dépendants des matières premières - comme le Vietnam, le Brésil, la Turquie, l’Afrique du Sud ou l’Algérie -, sont obligés de dévaluer ou de laisser filer dans la foulée leur monnaie. Ces pays dépendent des matières premières, dont les cours s’effondrent puisque la Chine, première consommatrice mondiale de matières premières, voit sa demande reculer. Autre conséquence : sur le marché des changes, le dollar a plongé lundi.

C’est un paradoxe, puisqu’il n’y a pas de mauvaise nouvelle concernant la conjoncture américaine. Mais de plus en plus de traders pensent que la Réserve fédérale (FED, banque centrale américaine) ne va pas oser relever, le mois prochain comme on s’y attendait, le principal taux directeur compte tenu de cette tempête boursière. Les indicateurs économiques américains récents sont toujours bons, notamment ceux relatifs à la consommation, à l’emploi ou à l’immobilier, mais on redoute que la FED se dise : si nous relevons le taux directeur maintenant, cela va aggraver la crise boursière. »

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