Economie

Air France: six salariés de la compagnie aérienne en garde à vue

Pancarte de manifestants «Gardons nos avions, virons nos patrons» sur le bâtiment du siège d'Air France à l'aéroport international Charles-de-Gaulle à Roissy, près de Paris.
Pancarte de manifestants «Gardons nos avions, virons nos patrons» sur le bâtiment du siège d'Air France à l'aéroport international Charles-de-Gaulle à Roissy, près de Paris. REUTERS/Jacky Naegelen

Une semaine après les violences spectaculaires survenues lors du comité central d'entreprise à Air France, six salariés de la compagnie aérienne ont été interpellés ce lundi 12 octobre par la police. Parallèlement, la direction d'Air France poursuit le dialogue repris vendredi 9 octobre avec les syndicats de pilotes, avec les syndicats des personnels navigants et au sol.

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Cinq suspects ont été interpellés à 6 h du matin, ce lundi 12 octobre. C'est la police de l'air et des frontières, la PAF, qui est intervenue aux domiciles respectifs de ces salariés d'Air France. Un sixième salarié qui était recherché s'est présenté dans la matinée aux autorités après avoir été contacté, et a également été placé en garde à vue.

La PAF est chargée de l'enquête sur ces faits qui se sont déroulés sur le site de l'aérogare de Roissy-Charles-De-Gaulle. Selon l'Agence France-Presse, qui cite une source policière, il s'agit de salariés de la branche Cargo d'Air France. Ils sont militants mais pas élus syndicaux, ce qui signifie qu'ils n'ont pas de mandat. Ils ont été identifiés grâce à ces images vidéos qui ont fait le tour du monde.

Violences lors du CCE du 5 octobre

C'était lundi 5 octobre dernier. On y voyait plusieurs centaines de salariés faisant irruption lors du comité central d'entreprise de la compagnie aérienne où la direction venait d'annoncer 2 700 suppressions de postes. Un plan de restructuration accueilli avec colère par une bonne partie du personnel d'Air France. La situation avait dégénéré et deux cadres avient été pris à partie et leurs vêtements arrachés avant qu'ils puissent être évacués des lieux par les services de sécurité. Selon une source proche du dossier, une dizaine d'autres salariés impliqués dans ces violences ont été identifiés par la compagnie elle-même dans le cadre d'une enquête interne.

Colère des salariés d'Air France

Chez les salariés d'Air France, c'est la colère qui prédomine, comme l'explique Miguel Fortea, secrétaire général CGT Air France : « Il y a une très forte colère des salariés d'Air France, qui refusent qu'on les stigmatise en les désignant comme des voyous. Ce sont des salariés qui défendent avant tout leurs emplois. On a plus de 8 000 emplois supprimés qui sont programmés en 2016 et 2017. Il y a déjà un rassemblement de prévu ce lundi 12 octobre dans la zone frêt afin de faire le point avec les salariés. Et nous aurons certainement des soutiens politiques présents. »

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