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Géopolitique / Mondialisation

Un monde bloqué?

A Jakarta, en Indonésie, les bidonvilles côtoient les grands buildings du quartier d'affaires.
A Jakarta, en Indonésie, les bidonvilles côtoient les grands buildings du quartier d'affaires. AFP/Bay Ismoyo

Lorsqu’elle a débuté, la mondialisation nous laissait entrevoir un monde simplifié, fait de libre circulation des marchandises et des personnes, de frontières abaissées, d’absence de rivalités – on parlait d’interdépendance. Le résultat aujourd’hui fait apparaître un monde plus hiérarchique que jamais dans lequel les inégalités atteignent des sommets et la pauvreté des records. Deux ouvrages récents abordent ces questions : celui du philosophe Michel Terestchenko, L’ère des ténèbres, aux éditions Bord de l’eau. L’autre, du politologue Bertrand Badie, Un monde de souffrances. Ambivalence de la mondialisation, aux éditions Salvator.

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Si l’on mesure la pauvreté à l’échelle mondiale en nombre de personnes qui vivent avec moins de deux dollars par jour, on compte aujourd’hui 2,1 milliards de pauvres, soit 30% de la population mondiale, explique Bertrand Bedie qui, en forme de mise en garde, se demande qui pourrait croire que plus de deux milliards de pauvres ne pèsent pas dangereusement (et moralement) sur notre monde.

Le nécessaire traitement social des conflits contemporains

Curieuse mondialisation qui, loin de pousser le système international à l’innovation, l’incite plutôt au conservatisme. D’un côté ouverture. De l’autre crainte et repli. Spécialiste des relations internationales, Bertrand Badie sait de quoi il parle lorsqu’il évoque la nécessité d’écrire une autre histoire des relations internationales. Celle du nécessaire traitement social des conflits contemporains. Et de regarder autrement le monde et de réagir à ses pathologies en partant non plus et éternellement de la puissance, et de tout ce qui va avec, mais en sachant regarder la souffrance en face.

A l’heure où l’on a jamais été autant informé, où les experts se bousculent, où les éléments d’analyse se multiplient, disponibles aujourd’hui quasiment en temps réels, l’implacable catalogue des situations qu’on ne veut pas voir, sur lesquelles on n’anticipe pas, ne cesse de s’allonger.
Rendre prioritaires les questions sociales ? Les souffrances sociales ont des effets connus sur l’ordre politique : obstacle à la construction des Etats-nations jusqu’à donner naissance à des sociétés guerrières, terreau des fondamentalismes jusqu’aux plus violents, terreau de l’extension internationale des conflits qu’elles suscitent localement.

Le mépris du droit

Aveuglement ou banalisation ? Les deux sans doute, faute peut-être de courage devant les tragédies ou les convulsions en cours.

Bloqué, notre monde ? Les plus pessimistes ou les plus réalistes alertent sur les ingrédients qui sont aujourd’hui réunis pour une guerre civile mondiale et permanente.

La guerre contre le terrorisme, explique Michel Terestchenko, a trop souvent été menée dans le mépris du droit alimentant une spirale sans fin de haine. Le philosophe parle d’un système dans lequel se déploie la logique manichéenne d’une lutte à mort où chaque camp prétend incarner le Bien et voit dans l’autre la figure du Mal.

Comment sortir de ces logiques de violence qui s’alimentent l’une l’autre ?

Dictatures, mépris, racisme, humiliations : pour Bertrand Badie, notre monde est bel et bien un monde de souffrances qu’on gagne hélas à analyser comme tel. 

Pour en savoir plus :
L'émission Géopolitique, le débat, samedi 31 octobre 2015 à 17h10 TU vers l'Afrique et 18h10 TU vers le monde et Paris (sauf Afrique).

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