Economie / Justice

Affaire Tapie: Christine Lagarde renvoyée devant la justice

La directrice générale du Fond monétaire international, Christine Lagarde, à Washington, le 1 décembre 2014.
La directrice générale du Fond monétaire international, Christine Lagarde, à Washington, le 1 décembre 2014. REUTERS / Jonathan Ernst

Christine Lagarde, directrice générale du Fond monétaire international (FMI), est rattrapée par l'affaire Tapie. Un imbroglio à rebondissements politico-juridiques qui oppose depuis des années l'homme d'affaires au Crédit lyonnais. Mais Christine Lagarde, renvoyée pour « négligence » dans la gestion des deniers publics devant la Cour de justice de la république, est prête à se battre, avec en perspective un deuxième mandat à la tête du FMI.

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Christine Lagarde a été « surprise et très déçue » par l'annonce de son renvoi devant la Cour de justice de la République, a fait savoir son avocat. Ce n'est pas étonnant car la directrice générale du FMI pouvait à bon droit espérer en avoir fini avec l'affaire Tapie.

En septembre dernier, l'instruction avait recommandé un non-lieu la concernant, dans l'enquête sur l'arbitrage qui s'est montré si favorable à Bernard Tapie. Mais les magistrats en ont décidé autrement et, accusée de négligence dans la gestion des fonds publics, elle risque un an de prison et 15 000 euros d'amende. Toutefois, le FMI lui a immédiatement renouvelé son soutien.

Au plus mauvais moment

Et c'est pourquoi on sent Christine Lagarde disposée à se battre. Elle a déjà fait savoir qu'elle allait former un recours devant la Cour de cassation de son renvoi devant la justice, ce qui risque de prendre un certain temps et repousse les échéances.

Elle considère en effet que cette décision de renvoi est difficilement compréhensible et qu'il n'existe aucune charge qui puisse lui être imputée. Elle affirme que la solution de recourir à l'arbitrage privé pour mettre un terme à l'affaire Tapie répondait à un souci d'efficacité.

Par ailleurs, et cela ne manque pas de lui être reproché, elle soutient que son directeur de cabinet Stéphane Richard, actuel patron d'Orange, l'a laissée dans l'ignorance de certains éléments du dossier.

Or, le mandat de Christine Lagarde à la tête du FMI s'achève le 30 juin prochain et on lui prête l'intention d'un briguer un deuxième mandat. Ce renvoi devant la justice française risque donc fort de ternir son image au plan international, surtout quand on se rappelle les conditions dans lesquelles son prédécesseur à ce poste, Dominique Strauss Kahn, lui aussi français, avait dû quitter ses fonctions.

Première femme à la tête du FMI

Pourtant Christine Lagarde semblait bien partie. Première femme à diriger le FMI elle a connu, en quelques années, une ascension fulgurante. Avocate d'affaires aux Etats-Unis, mais totalement inconnue dans son pays, elle avait été « débauchée » en 2005 pour entrer au gouvernement de Nicolas Sarkozy comme ministre du Commerce extérieur et était devenue en 2007 la première femme ministre de l'Economie en France.

En 2011, propulsée sans y avoir eu le temps de s'y préparer à la direction générale du FMI, après le départ de DSK, elle a fait ses preuves à ce poste. Elle a fait avancer quelques dossiers importants comme la décision, il y a quelques jours, de faire entrer le yuan chinois dans le panier des monnaies de référence du FMI.

Elle a également obtenu le feu vert du Congrès américain à une réforme du FMI, bloquée depuis des années. On met également à son crédit une plus grande attention du FMI aux questions sociales et environnementales. Le FMI s'est aussi montré très présent dans la crise grecque. Les chances de reconduction de Christine Lagarde ne sont donc pas minces car les pays émergents, dont l'appui est essentiel, ont plutôt bonne opinion d'elle.

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