France / Attentat de Nice

Attentat de Nice: le secteur du tourisme frappé de plein fouet

Quelques heures seulement après l'attaque du 14 juillet, les touristes ont commencé à déserter Nice.
Quelques heures seulement après l'attaque du 14 juillet, les touristes ont commencé à déserter Nice. REUTERS/Pascal Rossignol

Avec 5 millions de touristes par an, Nice est la seconde ville la plus touristique de France. L'attaque du 14-Juillet risque d'avoir de lourdes conséquences pour la commune et pour l'ensemble d'une région dont la moitié des revenus proviennent du tourisme.

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Dès jeudi soir, quelques heures seulement après l'attaque, les touristes ont commencé à déserter la ville. « Nous avons des clients qui sont partis tout de suite. On en a même un qui était sur la promenade, qui nous a laissé sa brosse à dents et qui est parti directement se réfugier à l’aéroport », raconte Michel Tschann, directeur de l’hôtel Splendid, situé à deux pas de la promenade des Anglais, au micro de l’envoyé spécial de RFI à Nice, Raphaël Reynes. L'hôtelier s'attend à un taux de remplissage de 60 % pour le mois de juillet, contre 90 % à la même période, l'an dernier.

L'hôtellerie n'est pas la seule touchée par l'attentat du 14-Juillet. Les bars, les restaurants et les musées ressentent déjà un net ralentissement de leurs activités. Les taxis, eux, sont encore préservés. Mais pour combien de temps ? « Dans l’immédiat, on n’a pas trop de répercussions, mais c’est à partir de la semaine prochaine qu’on va sentir la différence », redoute Nicolas.

Deux millions de visiteurs en 2015

La saison touristique avait pourtant plutôt bien commencé et les hôteliers étaient optimistes. La ville de Nice a accueilli l'an dernier plus de 2 millions de visiteurs et son aéroport a drainé vers la Côte d'Azur plus de 12 millions de passagers, dont une bonne moitié d'étrangers. Au total, le tourisme emploie près de 120 000 personnes dans cette région, la deuxième région touristique française après paris.

Désormais, avec la répétition des attentats meurtriers sur le sol national, les professionnels redoutent un recul sensible de la fréquentation hôtelière, notamment de la clientèle fortunée en provenance des Etats-Unis, du Moyen-Orient et d’Asie qui fait la renommée des palaces. Dans l'immédiat, le voyagiste allemand TUI propose à ses clients de changer de destination. Mais la désaffection des touristes pourrait bien avoir des conséquences à plus long terme sur une arrière-saison de septembre-octobre habituellement favorable à la Côte d'Azur.

Et il n’est pas sûr que l'appel de Taleb Rifai, secrétaire général de l’Organisation mondiale du tourisme, à visiter la France pour défier les terroristes suffise à inverser la tendance. Après les attentats de Paris, les hôtels de la capitale avaient perdu 25 % de leurs réservations. Près de dix mois plus tard, les touristes ne sont toujours pas revenus.

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