Economie

Nucléaire: EDF approuve au forceps le projet Hinkley Point

Le site d'Hinkley Point où devrait être construit le nouvel EPR.
Le site d'Hinkley Point où devrait être construit le nouvel EPR. AFP PHOTO / JUSTIN TALLIS

Le Conseil d'administration d'EDF a donné son feu vert au projet de centrale nucléaire à Hinkley Point, en Angleterre, pour 18 milliards de livres (21,5 d'euros). Un investissement très lourd pour le géant français de l'électricité, qui n'a pas facilité le vote des administrateurs.

Publicité

Le coup d'envoi du projet d'EDF à Hinkley Point n'aura pas été obtenu sans mal. Dix administrateurs ont approuvé cette décision finale d'investissement et sept ont voté contre, parmi lesquels les six représentants des salariés et Laurence Parisot, ancienne présidente du Medef et candidate à la présidence d'EDF en 2014. Quant au 18e administrateur, émanant pourtant de l'État, il a démissionné avant le scrutin.

Au mois de mars dernier, c'est le directeur financier d'EDF qui claquait la porte, en désaccord avec cet investissement qu'il jugeait à risque pour l'entreprise, déjà très endettée. Les représentants des salariés estiment également le lancement du chantier anglais prématuré et qu’il faudrait attendre le retour d’expérience des réacteurs nucléaires EPR en construction en France (Flamanville) et en Chine (Taishan).

Trois syndicats ont assigné la direction d'EDF en référé début août et fin septembre. Mais quoiqu'il advienne en justice, le feu vert du conseil d'administration d'EDF permet dès aujourd'hui au groupe français de signer tous les contrats avec ses clients britanniques et ses partenaires chinois pour construire Hinkley Point.

Un projet que la direction d'EDF et donc l'État français estiment indispensable à la crédibilité de la filière nucléaire. Les Britanniques, eux, estiment toujours que ce projet est nécessaire à leur indépendance énergétique, malgré le surcoût entraîné par le Brexit.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail