France

Airbnb en France: des recettes qui explosent, des impôts qui reculent

En l'espace de deux ans, le site Airbnb a multiplié par dix le nombre de ses offres proposées pour Paris.
En l'espace de deux ans, le site Airbnb a multiplié par dix le nombre de ses offres proposées pour Paris. Capture d'écran airbnb.fr

Alors qu’elle rencontre un énorme succès dans l'Hexagone, la plateforme américaine Airbnb n'aurait payé que 69 168 euros d'impôts en France en 2015 ! C'est ce que révèle jeudi 11 août Le Parisien. Selon le quotidien, le site de location de logements entre particuliers ne fait rien d'illégal. Il pratique juste l'optimisation fiscale.

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Précisément 69 168 euros d'impôts sur les bénéfices des sociétés en 2015, pour un chiffre d'affaires estimé à 65 millions d'euros selon Le Parisien.

Pis : « grâce à différentes techniques comptables - recettes en berne et charges en hausse », Airbnb a même réussi à réduire la note de 18 % par rapport à l'année précédente.

« C'est le paradoxe français d'Airbnb », écrit le quotidien de la capitale, qui rappelle qu'entre 2013 et aujourd'hui, le géant américain du Net est passé de 3 0000 annonces proposées à 300 000.

Pour parvenir à un tel décalage, Airbnb utiliserait un mécanisme bien rodé, explique le journal : quand les clients font une transaction sur le site internet en France, ils versent l’argent à deux sociétés étrangères.

L’une de ces sociétés est britannique, l’autre est irlandaise. « Deux endroits où les taux d'imposition sont beaucoup moins élevés qu'en France » et donc plus favorables à la plateforme, explique Le Parisien.

Pour rappel, Airbnb pèse actuellement 27 milliards d’euros en Bourse

Alors que les réservations en ligne explosent dans l’Hexagone, la société ne déclare pour sa filiale française qu'une activité secondaire liée aux services de marketing et de promotion.

Airbnb a ainsi déclaré en 2015 un chiffre d’affaires de près de 5 millions d’euros au lieu de 65 millions, souligne Le Parisien, qui a pu consulter les comptes de l'entreprise.

Un montage financier apparemment légal, mais qui est dénoncé de plus en plus par les politiques et les professionnels du tourisme.

Pour la start-up, qui pèse aujourd’hui 27 milliards d’euros en Bourse, la France est le second marché après les Etats-Unis.

Accusé de payer très peu d’impôts, ce géant du Net a mis en place depuis l’an dernier une collecte de taxe de séjour à Paris et dans 18 autres villes françaises.

→ À relire : Airbnb hors-la-loi à Berlin, d’autres villes tentent de mettre le holà

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