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Economie / Social

Alstom: les 400 salariés de Belfort très inquiets pour leur usine

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi 12 septembre contre la fermeture de l'usine de Belfort, accordant peu de foi aux promesses du gouvernement de sauver les 400 emplois menacés.
Plusieurs centaines de personnes ont manifesté lundi 12 septembre contre la fermeture de l'usine de Belfort, accordant peu de foi aux promesses du gouvernement de sauver les 400 emplois menacés. Sebastien Bozon / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

A Belfort, dans l'est de la France, l'usine Alstom est menacée de fermeture en 2018 et 400 emplois sont en jeu. Mais l'Etat, qui est actionnaire minoritaire dans le groupe Alstom, espère changer la donne. Le président, François Hollande s'est fixé comme objectif le maintien de la production de locomotives à Belfort. Et il a demandé au gouvernement de se mobiliser « pour qu'il y ait plus de commandes ». Des promesses qu'il a réitérées ce mardi 13 septembre 2016 depuis Bucarest où il effectue un voyage officiel. 

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Avec notre envoyé spécial à Belfort, Thomas Giraudeau

Tous les salariés attendent beaucoup plus que des mots de la part des pouvoirs publics après l'annonce faite par le groupe Alstom de l'arrêt de la production des trains d'ici 2018 à Belfort. Devant l’usine, les salariés arrivent au compte-gouttes. « Trop de politiques sont venus ici pour nous promettre le maintien de l’activité », a dit l’un des ouvriers. Depuis les visites des deux anciens ministres de l’Economie, Arnaud Montebourg et Emmanuel Macron, il ne s'est rien passé. Pas suffisamment de nouvelles commandes pour l’usine de Belfort, aujourd’hui menacée.

Après les annonces du chef de l’Etat promettant un maintien de l’usine, ils veulent maintenant des faits, des actes. Et ça passe d’abord par des commandes publiques faites à Alstom, de quoi sauver l’usine, garantir une activité pour les prochaines années. Les salariés veulent un bras de fer en fait entre le gouvernement, les élus locaux de Belfort et la direction d’Alstom.

Et cela commence dès ce mardi 13 septembre, à Paris. Deux réunions séparées se déroulent, une à Bercy autour du secrétaire d’Etat à l’Industrie et des syndicats de salariés ; une autre à Saint-Ouen, à dix kilomètres de belfort, au siège d’Alstom, entre son PDG et des élus locaux. Deux réunions séparées, c’est un mauvais signe pour les salariés ici, notamment pour un militant qui distribue des tracts devant l’entrée de l’usine : « Ce n’est pas comme cela que l’on va résoudre les problèmes. Ce n’est pas un vrai dialogue social », a-t-il confié. Il va d'ailleurs continuer à distribuer les informations syndicales jusqu'à mercredi soir.

Un nouveau rassemblement est prévu mercredi 14 septembre devant l’hôtel de ville de Belfort en marge d’un conseil municipal extraordinaire sur le dossier Alstom.

■ Florange est dans tous les esprits

Un souvenir hante les têtes des habitants de Belfort, celui de la fermeture des hauts fourneaux de Florange, dans l’est de la France il y a trois ans. Bruno craint le même scénario catastrophe : « Pendant les campagnes politiques, on vous dit, ne vous inquiétez pas, les hauts fourneaux ne fermeront jamais. Une fois les élections passées, qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils ont fermé. Franchement non, je ne fais plus confiance au gouvernement. A partir du moment où il mettra du concret sur la table, on discutera. Mais là pour l’instant, il n’y a rien de concret. »

Les salariés attendent un vrai bras de fer entre le gouvernement et leur employeur. Jean-Marie a passé 35 ans chez Alstom : « Quand le gouvernement dit aujourd’hui, "on fera tout pour qu’il y ait des commandes, pour que les régions commandent des trains", oui ils feront tout. Mais ça ne garantit pas notre emploi ici à Belfort. Alstom prendra les commandes et les fabriquera là où elle veut. Non il faut contraindre vraiment les patrons à fabriquer sur tous les sites ».

Philippe espère que l’Etat va sauver l’usine. Professeur d’économie dans un lycée de Belfort, il est inquiet pour l’avenir de son établissement et de sa ville : « Ça va fragiliser l’école inévitablement. Il va y avoir moins d’élèves. Donc ça impacte plusieurs milliers de personnes. D’autres investissements qui pourraient être des investissements d’infrastructures etc. sont des investissements qui pourraient être freinés, qui pourraient ne jamais arriver. Tout simplement parce que ça risque d’avoir un effet très négatif sur d’autres décisions à venir de la ville de Belfort. »

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