Alimentation

France: chasse au gaspillage et alimentation solidaire

Le marché de Rungis en région parisienne, là où s'approvisionnent en produits frais tous les commerces de Paris et sa région.
Le marché de Rungis en région parisienne, là où s'approvisionnent en produits frais tous les commerces de Paris et sa région. Myrabella/Wikimedia Commons
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Ce dimanche c'est la Journée mondiale de l'alimentation. Et depuis 2013, en France, le 16 octobre est également la Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. Il s'agit de diviser par deux les quantités de nourriture jetées chaque année. Associations et institutions se sont emparées de ce mot d'ordre.

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A Paris, il existe un restaurant végétarien pas comme les autres qui a fait de la récupération d'aliments destinés à la poubelle son credo. Au Freegan Pony, c'est le nom de l'endroit, une centaine de personnes viennent profiter d'un menu 100% anti gaspillage.

Il est 17h dans la cuisine et une dizaine de bénévoles s'activent pour laver les épinards, et couper les mangues. C'est Santiago Rosero qui fait office de chef ce soir. « Au menu, en entrée une salade avec des tomates et du pamplemousse rôti ; comme plat des lentilles cuites façon risotto et en dessert une mousse de mangue et je vais essayer de faire des bananes flambées », énumère le chef du jour.

Tous les ingrédients sont des invendus du marché de Rungis. Invendus en raison de petits défauts sur l'apparence des produits mais sans incidence sur leur goût. « Je voulais trouver une manière de sensibiliser les gens aux déchets alimentaires. Et quoi de mieux que de leur concocter un menu totalement composé de fruits et légumes voués à la destruction ? », nous explique Aladin Charni, le fondateur du Freegan Pony.

L'expérience est aussi inhabituelle que la salle à manger : un grand hangar, sous le périphérique parisien au nord de la capitale, ensemble baroque avec des canapés, un piano désaccordé, tous sauvés de la décharge. Sur une table en bois, une cliente mange son entrée et savoure. « On gaspille souvent pleine de choses alors c’est intelligent de récupérer la nourriture » et en plus c’est bon, assure-t-elle. Les convives finissent leur repas et donnent ce qu'ils veulent en partant. Au Freegan Pony, le prix est libre.

Ce restaurant alternatif est l'une des expériences menées  Chaque année, le 16 octobre, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture célèbre la Journée mondiale de l'alimentation, qui commémore la date de sa création, en 1945. Et en 2013, le gouvernement français a lancé sa contribution à la Journée de l'alimentation sous la forme d'une Journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire. L'objectif affiché est de diviser par deux les quantités jetées. Selon un rapport officiel de 2015, entre 90 et 140 kg de nourriture par habitant sont perdus chaque année sur l’ensemble de la chaîne en France (de la production à la consommation) ce qui représente une perte évaluée entre 12 et 20 milliards d’euros par an.

Début 2016, une loi contre le gaspillage a été adoptée, interdisant notamment aux grandes et moyennes surfaces de plus de 400 mètres carrés la détruction de la nourriture invendue encore consommable. Le gaspillage alimentaire pose, partout dans le monde, un grave problème tant humain qu’économique.

→ à (re)lire : «Manifeste contre le gaspillage», plaidoyer pour une France sans faim

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