Accéder au contenu principal
Banques/Oxfam

Un quart des bénéfices des banques européennes placés dans des paradis fiscaux

Des militants de l'ONG Oxfam se sont déguisés en banquiers prenant l'avion pour s'exiler dans des paradis fiscaux avec des valises estampillées avec les noms des cinq grandes banques françaises mises en cause, lundi 27 mars 2017.
Des militants de l'ONG Oxfam se sont déguisés en banquiers prenant l'avion pour s'exiler dans des paradis fiscaux avec des valises estampillées avec les noms des cinq grandes banques françaises mises en cause, lundi 27 mars 2017. PATRICK KOVARIK / AFP
Texte par : RFI Suivre
4 mn

Le dernier rapport d'Oxfam intitulé « Banques en exil », publié ce lundi 27 mars, révèle qu'un quart des bénéfices des grands établissements européens est placé dans les paradis fiscaux. Après avoir scruté de près les données fournies par les 20 plus grandes banques de l'Union européenne, l'ONG Oxfam et le réseau Fair Finance Guide International estiment que les banques européennes pratiquent toujours l'évasion fiscale. Les cinq plus grandes banques françaises sont d'ailleurs pointées du doigt.

Publicité

C'était à la station de métro Luxembourg ce lundi matin à Paris. Des faux banquiers sur un tapis rouge, comme pour prendre l'avion, avec des mallettes portant les noms de grandes banques françaises comme Crédit Agricole, Société Générale ou encore BNP Paribas.

Une mise en scène signée par Oxfam, qui dénonce aujourd'hui dans un rapport les bénéfices engrangés par les 20 plus grandes banques européennes dans des pays comme le Luxembourg ou l'Irlande. Un décalage selon l'ONG entre l'activité déclarée par les banques dans les paradis fiscaux et l'activité réelle qu'elles y ont.

La publication de ce rapport a été rendue possible grâce à l'obligation de transparence fiscale imposée en 2016 aux banques européennes par l'UE. Le bilan est sans appel : les paradis fiscaux attirent 26% des bénéfices déclarés par ces établissements. Des établissements bancaires qui profitent du niveau de taxation quasi nul dans ces pays.

25 milliards d'euros ont été ainsi mis à l'abri, en 2015. Le Luxembourg, Hong Kong et les îles anglo-normandes sont dans le peloton de tête des paradis fiscaux préférés des banques opérant au cœur de l'Europe.

Tous les moyens sont bons pour se soustraire au fisc : délocaliser les bénéfices, faciliter l'évasion fiscale de ses clients, et même contourner la réglementation en vigueur. Des pratiques largement répandues au sein des grandes banques européennes, qui opèrent en toute impunité. Un système fiscal qui contribue à la concentration extrême des richesses au détriment du plus grand nombre, constate Oxfam dans son rapport.

Parmi les cinq plus grandes banques françaises, BNP Paribas et Société Générale sont celles qui déclarent le plus gros volume de bénéfices dans les paradis fiscaux en 2015, avec 3,2 milliards d'euros pour la première et 1,3 milliard pour la seconde. Mais le rapport Oxfam pointe aussi du doigt trois autres établissements français : Crédit Agricole, BPCE et Crédit Mutuel.

Ce sont les îles Caïmans qui attirent le plus les banques françaises. Quatre d'entre elles ont choisi d'y délocaliser une partie de leurs opérations. Elles y réalisent 174 millions d'euros de bénéfices, bien qu'elles n'y emploient personne.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.