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Economie

Afrique du Sud, Maroc, Espagne, Océanie: les grandes tendances du vin en 2016

Une cave au Chili, le 6 avril 2017.
Une cave au Chili, le 6 avril 2017. REUTERS/Ivan Alvarado
Texte par : Agnieszka Kumor
5 mn

Malgré des volumes en baisse de 3 % par rapport à 2015, la viti-viniculture est partout. L'Italie conserve sa place de premier producteur mondial de vin, devant une France en léger recul, et une Espagne qui pour sa part progresse. Quant au continent africain, il représente un « nouveau monde » pour le vin. Le point avec Jean-Marie Aurand, directeur général de l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV).

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L’Italie reste le premier producteur mondial de vin et le vin espagnol se porte bien aussi. Mais il en va de même pour d'autres pays, notamment aux pays d’Océanie. Par exemple l'Australie et la Nouvelle-Zélande. Ce deuxième pays a connu une bonne année 2016, presque de l'ordre du record de 2014 (plus de 3 millions d’hectolitres). Au total, 267 millions d'hectolitres de vin ont été produits dans le monde en 2016.

Mais selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV), les volumes sont en baisse de 3 % par rapport à 2015. Les reculs les plus marqués ont été recensés au Brésil, qui a perdu plus de la moitié de sa récolte, ainsi qu'en Hongrie. Ou encore en France. A l'origine des mauvaises récoltes de raisin : les aléas climatiques de plus en plus fréquents, selon les régions.

« C’est une production plutôt faible en comparaison aux années précédentes, en raison essentiellement de phénomènes climatiques qui ont affecté la production, confirme Jean-Marie Aurand, directeur général de l'OIV. Je pense en particulier aux pays d’Amérique latine, qui ont subi des intempéries importantes et répétées. C’est le phénomène El Niño qui réapparaît. »

« C’est aussi le cas de certains pays européens, en Europe centrale, mais aussi en France, où certaines régions ont été affectées par des intempéries - gel, grêle ou pluies excessives qui ont engendré une diminution de la récolte. C’est le cumul de ces phénomènes qui explique une récolte plutôt faible en 2016 », ajoute M. Aurand. Et d'évoquer le cas de l'Afrique du Sud, où là aussi, « une période de sécheresse assez importante a pénalisé la production ». Dans ce pays, les récoltes ont en effet chuté de 6 % en 2016.

Deux bouteilles sur cinq s’exportent

En raison de cette production faible, les échanges internationaux ont, eux aussi, diminué de 1,2 %. 104 millions d’hectolitres de vins ont été exportés et importé en 2016. Mais si les volumes échangés diminuent, ils sont en revanche mieux valorisés. Trois premiers producteurs mondiaux - l'Italie, la France et l'Espagne - dominent en volume ce marché de 29 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Mais ce sont les Etats-Unis qui détiennent la première place en valeur. C’est aussi depuis 2011 le premier pays consommateur mondial de vin.

« Le marché du vin s'internationalise de plus en plus », note Jean-Marie Aurand, directeur général de l'OIV. Il y a quinze ans un quart du vin consommé dans le monde était du vin exporté et importé. Aujourd’hui ce sont 43 %. Sur cinq bouteilles consommées, deux sont des bouteilles importées.

L'Afrique du Sud : « un acteur très significatif du monde viti-vinicole »

L’Afrique du Sud ne fournit que 4 % de la production mondiale de vin, mais exporte énormément. Ce pays reste le septième producteur de vin dans le monde, « le sixième exportateur en volumes ». « En valeur, elle a exporté pour 629 millions d'euros de vin dans le monde en 2016. Donc, c'est un acteur très significatif du monde viti-vinicole à l'échelle mondiale », décrypte Jean-Marie Aurand.

L'Afrique du Sud domine le monde du vin sur le continent africain, précise le président de l'Organisation internationale de la vigne et du vin. Et ce, grâce à des équipements modernes et un réseau de distribution très développé semblable à celui de l’Europe. Avec la grande distribution, la restauration et les magasins spécialisés. « L'Afrique du Sud a exporté en 2016 4,2 millions d'hectolitres. »

Mais d'autres pays producteurs progressent également sur le continent africain, emboîtant le pas à leur concurrent du Sud. Les pays du Maghreb avec l'Algérie, la Tunisie et, notamment, le Maroc. Le pays où la formation des jeunes professionnels du vin progresse. Tout comme la modernisation du vignoble marocain. « Ils ont un vrai potentiel. Ils sont en train de moderniser leur secteur, d'investir dans les vignobles, pour rénover les cépages ; d'investir aussi dans les caves, dans les équipements », s'enthousiasme le patron de l'OIV.

« Au Maroc, tous les vins que j'ai dégustés sont des vins incontestablement de qualité, qui sont compétitifs sur le marché international. Et ils sont exportés partout dans le monde », conclut-il. De nouveaux pays se lancent dans la production, comme l'Ethiopie avec des premiers vins issus de cépages français.

Afrique, un marché en plein expansion

Indéniablement, l’Afrique aux côtés de l’Asie est le continent où il faut chercher de nouveaux consommateurs. Selon le cabinet britannique IWSR, la consommation de vin sur le continent africain augmente cinq fois plus vite que la consommation mondiale moyenne. Ce sont des pays, en pleine mutation économique, qui font partie des marchés émergeants ciblés par les exportateurs de vins, et notamment les exportateurs français. Notamment le Nigeria, pays peuplé de 173 millions d’habitants à majorité musulmans, où la diaspora libanaise et de nombreux expatriés sont installés. Mais aussi l'Angola, le Cameroun, l’Ethiopie, le Kenya ou encore le Mozambique.

« On assiste, y compris en Afrique, à l’internationalisation de la consommation de vin. Avec de nouveaux pays consommateurs. Certes, dans les proportions moindres. C’est une consommation naissante. Dans ces pays il y a le niveau de vie qui s’élève. Il y a une frange de population qui veut consommer selon les standards internationaux, y compris dans le vin », explique le directeur général de l’OIV.

Avec une croissance moyenne du PIB de 3 %, grâce à ces nouveaux pays consommateurs et à sa classe moyenne qui ne cesse de croître l'Afrique représente aujourd'hui, pour les spécialistes, un marché en pleine expansion.

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