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Industrie: GM&S fixé sur son sort lundi prochain

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui s'est rendu mercredi après-midi sur le site de l'équipementier automobile GM&S à La Souterraine où il a rencontré une centaine d'employés.
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, qui s'est rendu mercredi après-midi sur le site de l'équipementier automobile GM&S à La Souterraine où il a rencontré une centaine d'employés. PASCAL LACHENAUD / AFP

Le sort des salariés de GM&S, sous-traitant automobile de La Souterraine en liquidation judiciaire (Creuse) ne sera pas connu ce mercredi. Le tribunal de commerce de Poitiers examinait l'unique offre de reprise de GM&S, déposée par GMD. Mais les juges laissent quelques jours aux différents acteurs pour réunir les conditions d'une reprise. Alors qu'une partie des ouvriers bloquent le site de Renault-Villeroy dans l'Yonne, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire est à la mairie de La Souterraine.

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Sans trop y croire, ils attendaient un coup du sort. Voilà donc que le tribunal de commerce de Poitiers laisse un léger répit de quelques jours pour les salariés de GM&S afin de laisser les acteurs accorder leurs violons. Car tout s'est brouillé depuis ce lundi, depuis que le ministère de l'Economie a accusé PSA, client de GM&S, d'avoir renié son engagement de verser cinq millions d’euros d'investissements.

PSA a démenti le lendemain en assurant qu'il engagerait bien quatre millions d’euros pour l'outillage. Mais pour Bercy, cela n'a rien à voir avec des investissements destinés à rénover l'usine. Cette somme correspond aux fonds nécessaires pour permettre la fabrication des pièces commandées par PSA. En revanche, l'autre client de GM&S, Renault, a promis de verser cinq millions d'euros, tandis que l'Etat ferait le même effort dans le cadre de la reprise de l’usine.

Pour le moment, on est loin du compte. Pour l'unique repreneur potentiel de GM&S, l'emboutisseur GMD, si cinq millions d'euros manquent à l'appel, il n'y a plus de raison d'être engagé dans ce dossier. Ces investissements font partie de ses conditions pour être candidat à la reprise. De même que la garantie de 22 millions d'euros de commandes de pièces pour assurer la pérennité du site. Mais ce n’est pas tout. Les juges de Poitiers veulent aussi que soient fixées pour de bon les conditions de reprise du bail de l'usine (toujours en négociation entre la SCI et GMD) et que soit garanti le financement de l'activité, autrement dit les salaires jusqu'au 31 août.

Si rien ne bouge sur ces points-là lundi prochain, ce sera la liquidation pure et simple qui sera prononcée. La catastrophe pour les 277 salariés de la souterraine.

Des salariés qui maintiennent depuis mardi un blocage sur le site de Renault à Villeroy dans l'Yonne. Ils sont une centaine sur place. C'est loin d'être la première fois. Il y a deux semaines, c'est sur un site de PSA dans l'Allier que les ouvriers empêchaient les allées et venues de camions chargées de pièces automobiles. C'est le moyen de maintenir la pression sur les constructeurs, les clients historiques de GM&S, afin qu'ils maintiennent leurs engagements, mais aussi qu'ils mettent la main à la poche pour financer les primes extralégales pour les salariés qui seront licenciés. Le risque, c'est bien sûr de décourager ces constructeurs de rester dans le jeu. Cette semaine, PSA ne cachait plus son exaspération: "nous sommes des clients, pas le père Noël" s'est exclamé un représentant du constructeur interrogé par RFI.

De son côté, l'Etat, se montre toujours aussi présent. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et son secrétaire d'Etat Benjamin Griveaux se sont rendus sur le site de l’équipementier. M. Le Maire a assuré à la centaine d’ouvriers présents que « pas un seul salarié ne sera laissé de côté » et que la « pérennité du site pour les cinq ans qui viennent » sera garantie.

Dans ce dossier, l'Etat s'est posé comme médiateur de la crise entre les salariés, le repreneur potentiel et les constructeurs automobiles. Mais il est plus que ça, puisqu'il a décidé de financer en partie les investissements au nom du maintien de l'emploi sur une zone sinistrée, la Creuse. GM&S y est le deuxième employeur privé. Cette forte implication publique a été critiquée par les constructeurs qui ont pu dénoncer une « politisation » du dossier et une incitation aux blocages. Aux dernières nouvelles, Bruno Le Maire n'ira pas à la rencontre des ouvriers de GM&S qui bloquent le site de Renault. Ce blocage, ils comptent le poursuivre jusqu'à dimanche prochain, veille de la décision du tribunal. Mais d'ici là, beaucoup de choses peuvent bouger.

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