Accéder au contenu principal
Inégalités

Inégalités: un rapport pointe les politiques fiscales en faveur des plus riches

Emmanuel Macron prévoit une baisse de l'impôt sur la fortune pour faire revenir les expatriés fiscaux. Ici, le président français lors d'un discours au Grand Palais le 11 décembre 2017.
Emmanuel Macron prévoit une baisse de l'impôt sur la fortune pour faire revenir les expatriés fiscaux. Ici, le président français lors d'un discours au Grand Palais le 11 décembre 2017. REUTERS/Ian Langsdon
Texte par : RFI Suivre
5 mn

En 40 ans, les inégalités de richesse ont fortement augmenté dans pratiquement tous les pays du monde, expliquent plusieurs économistes de renom, dont Thomas Piketty, et Lucas Chancel dans un rapport publié ce jeudi 14 décembre. Pour autant, le document pointe des différences notables selon les régions du monde.

Publicité

La région du monde qui abrite les plus fortes inégalités est le Moyen-Orient, où les 10 % les plus riches perçoivent 61 % de la richesse nationale, suivi de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique subsaharienne. Les régions les plus égalitaires sont l’Europe (37%), puis la Chine (41%). En revanche, les Etats-Unis affichent les inégalités les plus fortes parmi les pays riches. Pour Lucas Chancel, co-directeur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l'Ecole d'économie de Paris et coordinateur principal du « rapport sur les inégalités mondiales 2018 » ces inégalités sont le résultat des politiques fiscales des pays.

Selon le document, les 1% les plus riches ont profité deux fois plus de la croissance des revenus que les 50% les plus pauvres au cours des dernières décennies. Ce résultat tente à démontrer les limites de la théorie du ruissellement prônée par Donald Trump et Emmanuel Macron, qui voudrait que les premiers de cordée, à savoir les plus riches, hissent vers le haut les plus pauvres.

« On a besoin d'imposition progressive »

Pour Lucas Chancel, l'augmentation des inégalités est le résultat de politiques fiscales favorables aux plus riches. « On a besoin d'imposition progressive, c'est-à-dire que ceux qui ont le plus moyen de contribuer contribuent davantage », plaide le co-directeur du laboratoire sur les inégalités mondiales.

Pour lui, « les individus immobiles – ceux qui doivent payer des impôts, qui doivent payer la TVA et les cotisations sociales – sentent une frustration très forte et parfois extrême vis-à-vis des plus aisés, qui eux sont mobiles, qui voient eux leur taux d'imposition sur le capital se réduire aujourd'hui aux Etats-Unis et en France et qui détiennent des actions dans des grands groupes comme les Gafa, qui eux ne sont pas soumis à l'impôt sur les sociétés puisque ces sociétés délocalisent leurs profits dans les paradis fiscaux. »

Dans leur rapport, ces économistes vont plus loin. Ils comparent les réformes fiscales de Donald Trump à celle d'Emmanuel Macron et considèrent qu'elles favorisent le dumping fiscal.

On voit une progression des inégalités, notamment en Afrique du Sud au cours des dernières années. Mais surtout, le plus important dans la société sud-africaine, c'est finalement la stabilité de ces niveaux d'inégalités extrêmes entre les 10% les plus riches qui ont un niveau de revenus qui est proche de celui des Européens, et les 90% du bas qui sont comparables aux niveaux de revenus les plus pauvres parmi les pays africains.

Lucas Chancel, co-directeur du laboratoire sur les inégalités mondiales à l'Ecole d'économie de Paris

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.