Royaume-Uni

Le géant du BTP britannique Carillion fait faillite

Le logo de l'entreprise Carillion visible sur un de ses chantiers  à Londres.
Le logo de l'entreprise Carillion visible sur un de ses chantiers à Londres. REUTERS/Peter Nicholls

Le groupe britannique de construction et de services Carillion a fait faillite lundi 15 janvier, faute d'accord sur son sauvetage, suscitant des craintes sur l'avenir de milliers d'emplois et des nombreux services publics qu'il assurait. Avec une dette de 1,5 milliard de livres (1,68 milliard d’euros), Carillion n’avait d’autre choix que de déclencher une procédure de liquidation pour cause d’insolvabilité.

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Le groupe Carillion a subi ces derniers mois plusieurs reports de chantiers, ce qui avait sérieusement aggravé sa situation financière. En juillet 2017, alors qu'il vient de remporter le contrat de construction du nouveau TGV britannique, High Speed 2 (HS2), devant relier Londres au nord de l’Angleterre, le groupe émet, ce même mois, trois avertissements sur résultat, et le directeur général démissionne.

Tant de cris d’alarme qui n’ont pas tardé à inquiéter la Financial Conduct Authority, le gendarme boursier outre-Manche qui commence à enquêter sur le groupe début janvier.

Carillion, leader du BTP britannique, partage un large marché avec le service public (écoles, hôpitaux, armée), employant 43 000 salariés à l’international et 19 500 au Royaume-Uni et a déclaré un chiffre d’affaires de 5,9 milliards d’euros en 2016. Malgré ce poids significatif dans l’économie, ni les banques, ni le gouvernement ne sauveront l’entreprise. En effet, les banques avaient conditionné tout renflouement à une intervention directe des autorités publiques, ce qui n’a finalement pas eu lieu. Le gouvernement justifie cet abandon par le fait que cela aurait contraint le « contribuable » à payer pour sauver l’entreprise. C’est la surprise généralisée pour les syndicats qui craignent pour le salaire des employés, et Rebecca Long-Bailey du Labour (Parti travailliste) réclame l’ouverture d’une enquête, se demandant pourquoi l’Etat a continué d’octroyer des contrats à l’entreprise alors qu’elle montrait explicitement des signes de difficulté financière.

Les salariés pas abandonnés

La liquidation sera donc simplement orchestrée par le tribunal des faillites et le cabinet PwC. David Lidington, ministre du bureau du Cabinet, a tenu à rassurer à la fois le contribuable et les salariés, insistant sur la priorité d’assurer la continuité du service public et déclarant : « Pour être clair, tout le personnel doit poursuivre le travail ; vous continuerez d’être payé. Le personnel engagé dans des contrats de secteur public a encore du travail important devant lui. »

C’est la chute d’un géant colossal du BTP qui avait déjà mené à bout des chantiers tel que le Royal Opera House de Londres, un tunnel routier sous le canal de Suez et même la rénovation de la gare Centrale de Toronto.

(Avec agences)

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