France / Arabie saoudite

Vers la fin d’ODAS, l'intermédiaire en armement entre Paris et Riyad?

En 2015, Riyad s'était engagé à acheter six frégates FREMM, mais elles n'ont finalement pas été retenues.
En 2015, Riyad s'était engagé à acheter six frégates FREMM, mais elles n'ont finalement pas été retenues. AFP PHOTO / JEAN-SEBASTIEN EVRARD

En France, c'est le magazine Challenges qui le révèle. Généralement bien informé, l'hebdomadaire assure que le ministère français des Armées a décidé de liquider progressivement la société ODAS chargée de la négociation et de la gestion des grands contrats d'armement entre Paris et Riyad. Le nouveau roi Mohammed ben Salman ne veut plus en entendre parler. A la veille de la visite du souverain saoudien à Paris et en pleine guerre au Yémen, la France, elle, a peur de voir de juteux contrats lui passer sous le nez et la concurrence américaine est particulièrement rude.

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Pour la France, vendre des armes à l'Arabie saoudite n'a jamais été simple. Certes le royaume reste un bon client de la France, mais ces dernières années, les milliards de contrats qu'a fait miroiter Riyad aux industriels français ne se sont jamais concrétisés.

Sur le très lucratif marché des avions de combat, le royaume vient d'annoncer sa décision d'acheter une nouvelle série de 48 Typhoon britanniques, concurrents du Rafale français. Dans le secteur naval, la France n'a plus vendu de frégate de premier rang depuis le contrat Sarawi dans les années 1990. Dans le terrestre, la France avait même proposé de relancer la production du char Leclerc en cas de contrat saoudien pour des centaines de blindés sans succès.

Alors le mécanisme français mis en place pour sceller ces contrats serait-il grippé ? Dans une lettre envoyée dès 2015 à Paris, le royaume faisait part de son intention de non plus travailler avec la société ODAS, la société française détenue par l'Etat et les industriels de la défense servant d'intermédiaire unique pour les exportations françaises d'armement dans le pays. ODAS aurait été considérée comme trop proche de l'entourage de l'ancien roi Abdallah.

Changement du PDG, l'amiral Guillaud ancien chef d'état-major des armées du temps de Nicolas Sarkozy, nouvelle stratégie, rien n'y fait. Florence Parly aurait donc finalement décidé d'en finir avec ODAS, qui devra toutefois assurer le suivi des contrats en cours avec l'Arabie saoudite.

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