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France

Le PSG à la limite du hors-jeu avec le fair-play financier de l’UEFA

Le président Nasser Al-Khelaifi du PSG.
Le président Nasser Al-Khelaifi du PSG. GREG BAKER / AFP
6 mn

Le Paris Saint-Germain, bien qu'éliminé de la scène européenne, est cette année encore intouchable sur le sol français. Mais c'est une toute autre bataille que ses dirigeants ont livré vendredi 20 avril au siège de l'UEFA, l'instance européenne du football : il s'agissait une nouvelle fois de convaincre que le club respecte bien le fair-play financier, autrement dit qu'il ne dépense pas plus que ce qu'il gagne. Côté parisien, malgré les achats astronomiques de l'été dernier, on affiche une grande confiance.

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Les dirigeants du Paris-Saint-Germain, reçus pendant environ deux heures par l’instance de contrôle financier à Nyon, en Suisse, n’ont pas fait de commentaires devant la presse à leur sortie. Mais il y a quelques jours, un communiqué du club détenu par les Qatariens affichait son état d’esprit : « La procédure suit son cours. Le PSG se présentera en toute sérénité pour présenter son dossier ».

De fait, le champion de France 2018 a quelques arguments de poids. « Le Paris-Saint-Germain a un service juridique qui lui a dit de foncer lorsqu’il s’est agi d’acheter Neymar et Mbappé », explique Dominique Sévérac, journaliste sportif au Parisien, spécialiste du PSG. « Quelques mois après, il a l’air de rester toujours serein parce que des nouveaux contrats sont annoncés ». Récemment, un contrat a été conclu avec une agence chinoise de marketing sportif pour plus de 20 millions d’euros.

Le président du club, Nasser Al-Khelaïfi a participé à Zhuhai (sud de la Chine) au salon Soccerex qui réunit les décideurs du football mondial. « L’UEFA, qui a besoin de preuves sonnantes et trébuchantes, va avoir la primeur des noms et des montants », poursuit Dominique Sévérac. « Donc ça peut les rassurer. Il faut y ajouter la vente de joueurs, comme Di Maria, Pastore, voire Cavani. Le PSG est aussi un club en devenir, donc ça paraît crédible. Mais attention, il s’agit de convaincre en année 1. Il faudra revenir en année 2 avec d’autres pièces à convictions. »

Car la règle actuelle du fair-play financier interdit à un club d’accuser un déficit supérieur à 30 millions d’euros cumulés sur trois années. Des règles qui pourraient être revues lors du prochain comité exécutif de l’UEFA le 24 mai à Kiev, à l’avant-veille de la finale de la Ligue des champions.

Le PSG récidiviste

En attendant, le Paris Saint-Germain est en sursis. C'est un récidiviste, déjà sanctionné en 2014, suite à un contrat passé avec l'office du tourisme du Qatar, que l’instance européenne du football avait jugé surévalué. Selon le Financial Times, l'UEFA enquête aujourd’hui encore sur des entreprises ou organismes qatariens pour estimer les contrats.

C’est le cas de Qatar National Bank (QNB) que l'on peut voir notamment sur la manche du maillot parisien. Le montant avoisinerait les 40 millions d’euros annuels. « C’est justement ici que l’UEFA souhaiterait sanctionner le PSG. Il n’aurait pas respecté les règles du marché pour faire apparaître des comptes positifs, ce qui serait totalement contraire aux lois de la concurrence », indique l’économiste Pierre Rondeau, professeur à la Sports Management School, qui publie un ouvrage Le foot va-t-il exploser ? Pour une régulation du système économique du football (éditions L’Aube).

L'achat de Neymar à 222 millions cet été va-t-il plomber le Paris Saint-Germain ?
L'achat de Neymar à 222 millions cet été va-t-il plomber le Paris Saint-Germain ? Reuters/Benoit Tessier

Nouveau riche contre oligarques

Au-delà de l’aspect strictement financier, les conséquences sportives pour le club de la capitale française pourraient être très lourdes et pénalisantes. « Ca peut aller jusqu’à une élimination totale de toute compétition européenne pendant un an, deux ans, trois ans, voire quatre saisons », explique Pierre Rondeau. « Ce qui serait assez catastrophique, à la fois pour les finances parisiennes, mais aussi pour la politique diplomatique et médiatique du Qatar, qui cherche à faire du PSG une marque internationale reconnue à travers le monde. Sans participation à la Ligue des champions, c’est une perte symbolique et médiatique extrêmement importante. »

Sans aller jusqu’à cette extrémité (on ne connaîtra d'ailleurs le verdict de l'UEFA qu'à la fin de la saison), d’autres sanctions sont possibles comme l’interdiction de recruter de nouveaux joueurs. « Au moment où le PSG cherche un gardien de but, un arrière gauche, un milieu, et un attaquant pour la saison prochaine, ça serait une nouvelle déflagration en Europe », annonce Dominique Sévérac, par ailleurs consultant sur RFI dans Radio Foot Internationale. « Ce serait le résultat de la pression des oligarques que sont le Bayern, le Real Madrid, Barcelone, qui n’ont pas supporté l’arrivée d’un nouveau riche. C’est tombé sur le Paris-Saint-Germain plus que sur Manchester City qui lui est détenu par Abu Dhabi. C’est le Paris-Saint-Germain et le Qatar qui représentent le méchant. Les riches d’Europe veulent limiter son influence. »

Pour devenir lui aussi un oligarque du foot, et plus seulement un nouveau riche, Paris cherche la lumière sous d'autres cieux. Après plusieurs tournées d’été aux Etats-Unis, il ira cette fois en Asie (Trophée des Champions à Shenzhen, près de Hong-Kong, matches à Singapour face à Arsenal et à l’Atletico Madrid). Pour séduire de nouveaux portefeuilles. C'est même ce que conseille l'UEFA.

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