Italie

Dette: Moody’s dégrade la note de l’Italie

Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et homme fort du gouvernement, a assuré samedi que les agences de notation se trompaient sur l'Italie
Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et homme fort du gouvernement, a assuré samedi que les agences de notation se trompaient sur l'Italie AFP
Texte par : RFI Suivre
3 mn

L'agence de notation Moody's a abaissé d'un cran la note de l'Italie, s'inquiétant des choix budgétaires du gouvernement, déjà engagé dans un bras de fer avec Bruxelles à ce sujet.

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Le gouvernement italien prévoit un déficit de 2,4 % du PIB en 2019, contre 0,8% dans les projections du précédent gouvernement. Mais l'Italie est confrontée à une dette énorme, représentant 131 % de son produit intérieur brut.

Moody's juge les prévisions de corissance italiennes (1,5 % en 2019) trop optimiste et redoute donc un alourdissement de la dette, ce qui justifie le fait d'avoir baissé la dette d'un cran, pour la faire passer de BAA2 à BAA3.

Du coup, la dette de l'Italie, pourtant troisième économie de la zone euro, se retrouve au même niveau que celle la Hongrie et de la Roumanie. Un cran au-dessus de la catégorie spéculative. Autrement dit, elle est au bord du gouffre.

Commentaires peu flatteurs

Même si l'agence de notation accompagne sa dégradation d'une perspective stable, soulignant ainsi les atouts d'une économie jugée robuste, les commentaires sont peu flatteurs sur l'absence d'un « programme cohérent de croissance ».

Cette dégradation de la dette italienne risque de provoquer lundi de nouveaux remous sur les marchés financiers, déjà très agités. Un indicateur inquiète particulièrement les banques italiennes, c'est le « spread », le différentiel de taux entre les obligations italiennes et allemandes... qui atteint son plus haut niveau depuis cinq ans, signe de la défiance vis-à-vis de l'Italie.

Lundi, Rome devrait faire connaître à Bruxelles ses observations, après les critiques de la Commission vis-à-vis du projet de budget, jugé trop expansionniste, de Rome. Bruxelles espère des correctifs de la part du gouvernement italien, et laisse planer la menance d'un rejet du budget, ce qui serait une première en Europe.

L'Italie isolée

Rome parait d'autant plus isolée que même ses alliés, comme le chancelier autrichien, Sebastian Kurz, l'accusent de mettre l'Europe en danger. Reste que l'homme fort du gouvernement de coalition, Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, campe sur ses positions. Il a assuré samedi que les agences de notation se trompaient sur l'Italie et que la coalition populiste irait « de l'avant pour cinq ans, malgré les agences de notation, les commissaires européens et quelques incompréhensions internes », a-t-il  déclaré.

« Nous sommes ici pour répondre aux problèmes des Italiens, pas pour faire tomber le gouvernement ou nous laisser intimider par les agences de notation qui ont fait dans le passé des erreurs de jugement éclatantes et qui se trompent encore cette fois-ci », a assuré le patron de la Ligue (extrême droite).

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