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Canada

La taxe carbone imposée dans quatre provinces du Canada

Le Canada hausse les prix à la pompe dans les provinces de l'Ontario, la Saskatchewan, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick. Le gouvernement estime qu'elles n'ont pas pris de mesures jugées compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre
Le Canada hausse les prix à la pompe dans les provinces de l'Ontario, la Saskatchewan, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick. Le gouvernement estime qu'elles n'ont pas pris de mesures jugées compatibles avec les objectifs de réduction de gaz à effet de serre (Photo by Roberto Machado Noa/LightRocket via Getty Images)
Texte par : RFI Suivre
4 mn

La taxe carbone passe mal pour les résidents de l'Ontario, du Nouveau-Brunswick, du Manitoba et de la Saskatchewan, au Canada, car les prix à la pompe vont augmenter. La mesure suscite la colère, notamment en Ontario où son gouvernement a décidé de poursuivre en justice l'Etat canadien.

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La ministre canadienne de l'Environnement a annoncé dimanche 31 mars une hausse des prix du carburant pour les contribuables de quatre des dix provinces du pays afin d'atteindre les objectifs en matière de réduction de gaz à effet de serre. « Cela incite les gens à se dire qu'ils devraient choisir un véhicule plus économe en énergie, ou peut-être les transports en commun », a argumenté la ministre Catherine McKenna.

Outre l'essence, le charbon, le mazout, le propane et le gaz naturel seront aussi taxés. Le gouvernement canadien a bien indiqué qu'il entendait rembourser 90% des recettes provenant de cette taxe aux contribuables des quatre provinces sous forme de remboursements d'impôts. Une grande partie de la classe moyenne, explique-t-il, va en effet récupérer en crédit d’impôt les quelques centaines d’euros supplémentaires payés sur les énergies fossiles.

D’ores et déjà, le parti conservateur promet aux électeurs d’abolir la nouvelle taxe s’il gagne les élections en octobre prochain. Selon son chef, cette mesure va appauvrir les habitants de l’Ontario, de la Saskatchewan, du Nouveau-Brunswick ou du Manitoba, qui ont déjà du mal à boucler leurs fins de mois.

Cette taxe censée favoriser la réduction de la pollution ne fait pas le bonheur non plus des partisans du Parti vert. Les écologistes s’insurgent contre le manque de transparence du gouvernement envers ce nouvel impôt, et déplorent que les citoyens ne soient pas suffisamment éduqués à réduire leur empreinte carbone.

Les changements climatiques touchent pourtant de plein fouet le Canada. Une étude publiée hier montre que la température moyenne y a augmenté deux fois plus vite que sur le reste de la planète.

Le point sur la taxe carbone dans les pays européens

Cette taxe, qui divise les Canadiens, prouve encore une fois combien il est compliqué de financer la transition énergétique. Pour que la mesure soit acceptée, il faut qu'elle soit perçue comme juste socialement et supportable économiquement. De nombreux pays européens y sont parvenus sans difficulté, d'autres se heurtent encore à des résistances.

Taxer le carbone, c'est lui donner un prix par rapport à son coût, prix censé permettre aux États de financer la transition énergétique. Pionnière, la Suède a mis en place la taxe carbone en 1991. Initialement établie à 26 euros la tonne de CO2, elle a augmenté au fil des années pour atteindre aujourd'hui 120 euros, c'est la plus élevée au monde. Une hausse acceptée par les Suédois, grâce à une baisse des impôts pour les ménages. Résultat, le pays a divisé par deux ses émissions de gaz à effet de serre.

Dans son sillage, le Danemark, la Finlande, la Norvège, puis plus tard, le Royaume-Uni ou la Slovénie ont introduit des taxes sur le CO2. La France l'a instaurée en 2014 au prix de 7 euros la tonne, en 2018 elle était à 44,60 euros, suspendue en 2019 pour répondre à la colère des « gilets jaunes », elle devrait en 2030 atteindre les 100 euros. 

Au total, 46 pays dont l’ensemble des États membres de l’Union européenne et 26 provinces d'Amérique du Nord ont mis en place une tarification du carbone qui a généré 26 milliards d'euros de revenus en 2017. Mais au regard de l'enjeu, l'OCDE rappelle que cela reste très insuffisant si l'on veut répondre aux objectifs de l'Accord de Paris.

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