France / Japon

Pas «opposé» à la fusion Renault-Fiat Chrysler, Nissan veut en savoir plus

Le numéro un du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, et son homologue à Nissan, Hiroto Saikawa, en mars dernier à Yokohama, au Japon.
Le numéro un du groupe Renault, Jean-Dominique Senard, et son homologue à Nissan, Hiroto Saikawa, en mars dernier à Yokohama, au Japon. REUTERS/Kim Kyung-Hoon/File Photo
Texte par : RFI Suivre
3 mn

Les dirigeants de Renault ont fait le voyage à Tokyo pour tenter de rassurer, ce mercredi 29 mai, leur partenaire Nissan, après l'annonce d'un projet de fusion entre le groupe français et Fiat Chrysler. Le constructeur japonais dit ne s'y dit pas « opposé », même s'il en a été informé tard et qu'il ne cache pas sa crainte d'une marginalisation dans l'alliance qu'il forme depuis 20 ans avec Renault.

Publicité

Avec notre correspondant à Tokyo,  Frédéric Charles

Le président du conseil d'administration de Renault, Jean-Dominique Senard, a essayé à Tokyo d'expliquer la place qui reviendrait à Nissan dans ce projet de fusion entre Renault et Fiat Chrysler.

« Il y a eu des discussions franches et transparentes », se contente de dire le constructeur français dans un bref communiqué à l'issue de sa rencontre avec la direction de son partenaire japonais.

Une fusion entre Renault et Fiat-Chrysler poserait des problèmes sur les marchés où Nissan et Fiat-Chrysler sont tous les deux présents, en particulier le secteur des véhicules SUV et des utilitaires légers aux États-Unis.

Quel avenir pour le tandem entre Nissan et Renault

Le fait que Renault paraisse prêt à créer des difficultés à Nissan aux États-Unis, son principal marché, montre que le groupe français « n'a pas forcément à lier son destin à celui de Nissan », remarque Chris Richter, analyste de la société CLSA à Tokyo.

Un autre analyste de Bernstein à Tokyo, cité par l'agence Reuters, estime que Renault pourrait tirer davantage de synergies avec Fiat Chrsyler qu'avec Nissan. Et qu'il pourrait être « inévitable à terme que Renault finisse par quitter Nissan ».

La participation de Renault dans Nissan vaut 11 milliards d'euros. Le constructeur français pourrait investir cette somme dans les technologies qui bouleversent l'industrie automobile.

Renault ne cache pas sa frustration devant le refus de Nissan de fusionner avec lui. Pour sa part, Nissan accueille cet éventuel mariage entre Renault et Fiat Chrysler avec méfiance, mais sans s'y opposer. Tout en se doutant qu'il risque d’être marginalisé.

► À lire aussi : Renault-Nissan-Mitsubishi, tourner la page Carlos Ghosn

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail